CAC 40: Les patrons sont moins bien payés

SOCIAL Si elle a chuté de 6,3% à 3.968.000 euros en 2012, elle a bondi de 9,3% pour les présidents exécutifs des 80 autres sociétés françaises cotées au SBF 120 selon la dernière étude du cabinet Proxinvest...

Mathieu Bruckmüller

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Requinquée par l'accord européen, la Bourse de Paris va mettre son optimisme à l'épreuve d'une semaine très chargée avec un G20 qui prolongera le sommet de Bruxelles sur la zone euro et des réunions de la BCE et la Fed, très attendues tant l'économie est à la peine.
Requinquée par l'accord européen, la Bourse de Paris va mettre son optimisme à l'épreuve d'une semaine très chargée avec un G20 qui prolongera le sommet de Bruxelles sur la zone euro et des réunions de la BCE et la Fed, très attendues tant l'économie est à la peine. — Joël Saget afp.com

Les grands patrons du CAC 40 ont dû se serrer (un peu) la ceinture en 2012. Après l’envolée de 33% enregistrée en 2010, la hausse sensible de 4% en 2011, leur rémunération annuelle totale (fixe, variable, autres avantages comme les jetons de présence dans les conseils d'administration, la voiture de fonction...) a connu un coup d’arrêt en 2012 avec un repli de 6,3% selon la quinzième étude du cabinet Proxinvest publiée mardi. Elle passe ainsi sous la barre des 4 millions d’euros à 3.968. 000 euros en moyenne exactement. En 2012, le bénéfice net cumulé des entreprises du CAC 40 a baissé de 27% tandis que que l’indice CAC 40 progressait de 15%.

Modération électorale

«Les dirigeants du CAC 40 auront fait preuve de modération dans un contexte de campagne présidentielle et de pression fiscale ou réglementaire», souligne le cabinet de conseil aux investisseurs. Désormais les actionnaires des grands groupes français devront  voter sur la rémunération de leurs dirigeants suite à la modification du code de gouvernance AFEP-MEDEF.

Le gouvernement a refusé au printemps de légiférer sur la rémunération des big boss,  comme il l’avait faire pour leurs homologues des entreprises publiques où elle ne peut être plus de 20 fois supérieur à celui de leurs salariés les moins bien payés,  à la condition d’une «auto-régulation exigeante», aux dires du ministre de l’Economie, Pierre Moscovici.

Un «maximum socialement acceptable» dépassé

Malgré tout, treize dirigeants ont dépassé l’an dernier comme en 2011 la rémunération considérée par Proxinvest comme maximum socialement acceptable de 240 SMIC, soit actuellement 4,7 millions d’euros.  «Bernard Charlès, Directeur Général de Dassault Systèmes, est cette année en tête du classement  avec une rémunération totale de 14,9 millions d’euros (+36%). Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, reste second à 13,4 millions d’euros. Le PDG et propriétaire du groupe Christian Dior-LVMH, Bernard Arnault, est en troisième position avec 9,5 millions d’euros», détaille l’étude de Proxinvest.

Les présidents exécutifs du SBF 80, c'est-à-dire les sociétés de l’indice  SBF 120 à la Bourse de Paris ne faisant pas partie de l’indice CAC 40) auront en revanche vu leur rémunération augmenter très significativement (+9,3%). Au final, la rémunération totale moyenne des présidents exécutifs des 120 plus grandes sociétés françaises cotées a donc augmenté de 2,4% en 2012 pour atteindre 2.839.000 euros.

Proxinvest estime par ailleurs «que la relation entre la performance à moyen-long terme de l’entreprise et les rémunérations prévues pour les dirigeants est insuffisante. Ainsi, 9% seulement de la rémunération totale des présidents exécutifs du SBF 120 repose sur des conditions de performance mesurées sur un horizon minimum de trois années pleines (12% en 2011).»