Pourquoi les Français achètent de nouveau des voitures

AUTOMOBILE Pour le deuxième mois de suite, les ventes sont dans le vert...

Mathieu Bruckmüller

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Un couple regarde l'intérieur d'une automobile chez un concessionnaire Renault.
Un couple regarde l'intérieur d'une automobile chez un concessionnaire Renault. — MYCHELE DANIAU / AFP

Un léger vent de reprise souffle sur l’automobile. Après une hausse de 3,4% en septembre, 166.515 voitures neuves ont été écoulées en octobre, soit une hausse de 2,6% pour ce mois. De bons chiffres qui ont conduit le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) à réviser lundi sa prévision pour l'année 2013. Il table sur une baisse «d'environ 6%» des ventes à nombre de jours ouvrables comparables, a indiqué un porte-parole, contre -8% auparavant.

Les constructeurs français choyés…

La tendance profite avant tout aux constructeurs français grâce aux nouveaux modèles comme les Peugeot 2008, les Renault Captur ou la nouvelle Sandero de Dacia. Résultat, PSA Peugeot Citroën a vu ses ventes progresser de 4,1% dont +8,1% pour Peugeot, après une baisse de 6,8% en septembre. Le groupe Renault (marques Renault et Dacia) reste en bonne forme et ses ventes progressent de 5,8% en octobre, après un bond de 18,1% le mois précédent.

Les bons chiffres des immatriculations qui bénéficient aussi à BMW (+11,1%) ou Chevrolet (+30,8%) sont aussi à mettre à l’actif d’un certain regain de confiance des consommateurs. D’après la dernière étude mensuelle sur le moral des ménages de l’Insee, les ménages étaient plus nombreux qu’en septembre à considérer opportun de faire des achats importants (+2 points).

…mais «gare à toute euphorie»

«Gare à toute euphorie», relativise Bertrand Rakoto, consultant du cabinet RL Polk. «La hausse des immatriculations s’explique non seulement par les très mauvais chiffres de l’an passé à pareille époque, mais aussi par des promotions agressives des constructeurs. Le marché est dominé par les rabais et cela sera très difficile à stopper», explique le consultant du cabinet RL Polk. A cela s’ajoute le durcissement du bonus-malus depuis le 1er novembre a pu pousser certains consommateurs à anticiper leurs achats.

Mais pour Flavien Neuvy, responsable de l’Observatoire Cetelem, il semble que le plus dur soit passé pour les constructeurs. Il table sur un léger rebond des ventes en France et en Europe en 2014.

«Le développement des solutions de mobilité (autopartage, covoiturage…) demeure un microphénomène. Le taux d’équipement automobile des ménages reste élevé [supérieur à 83% selon l’Insee]. Nous ne sommes pas dans une période de mutation de la consommation automobile», abonde Bertrand Rakoto.