HSBC visée par une enquête sur une manipulation des taux de change

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Le géant bancaire britannique HSBC a indiqué à son tour lundi être visé par l'enquête de plusieurs autorités sur de possibles manipulations du marché des changes, une nouvelle affaire potentiellement explosive pour le monde de la finance.
Le géant bancaire britannique HSBC a indiqué à son tour lundi être visé par l'enquête de plusieurs autorités sur de possibles manipulations du marché des changes, une nouvelle affaire potentiellement explosive pour le monde de la finance. — Ben Stansall AFP

Le géant bancaire britannique HSBC, dont les profits ont bondi au troisième trimestre, a indiqué à son tour lundi être visé par l'enquête sur de possibles manipulations du marché des changes, une nouvelle affaire potentiellement explosive pour le monde de la finance.

«L'Autorité [britannique] de Conduite Financière (FCA) mène une enquête aux côtés de plusieurs autres agences dans plusieurs pays concernant plusieurs entreprises, dont HSBC, liée aux échanges sur le marché des devises», a révélé la première banque européenne.

«Nous coopérons avec les investigations qui en sont à un stade préliminaire», a ajouté HSBC.

La FCA avait indiqué au printemps enquêter sur de possibles manipulations sur l'énorme marché des changes (5.300 milliards de dollars par jour) et les investigations se sont depuis étendues à la Suisse et aux États-Unis. Cette affaire est un nouveau scandale potentiel qui pourrait entacher la finance internationale après celui des manipulations du taux interbancaire Libor.

Avant HSBC, les banques américaines Citigroup et JPMorgan Chase, les britanniques Barclays et Royal Bank of Scotland, la suisse UBS et l'allemande Deutsche Bank avaient indiqué être visées par ces enquêtes.

Barclays, déjà déstabilisée par le scandale du Libor, a annoncé par ailleurs vendredi avoir suspendu six cambistes de leurs fonctions.

HSBC a fait cette annonce lundi dans le cadre de la publication de ses comptes du troisième trimestre qui ont vu son bénéfice net bondir de 28% à 3,2 milliards de dollars.

«Nos marchés domestiques du Royaume-Uni et de Hong Kong ont contribué pour plus de la moitié» à ces résultats, a commenté le directeur général du groupe bancaire, Stuart Gulliver, qui a affiché son «optimisme» pour les mois à venir grâce à la reprise économique.

La période correspondante de 2012 avait été plombée par une lourde provision destinée à couvrir l'amende record de 1,9 milliard de dollars dont a écopé la banque aux Etats-Unis pour complicité de blanchiment.

Ces résultats étaient salués par les investisseurs et le titre HSBC prenait 2,43% à 704 pence, vers 11H15 GMT, dans un marché en hausse de 0,45%. «Si les investisseurs cherchent une banque solide et fiable, HSBC pourrait être celle à regarder», a commenté Richard Hunter de Hargreaves Lansdown Stockbrokers.

La banque a par ailleurs indiqué qu'elle avait économisé 400 millions de dollars de plus au cours du troisième trimestre, ce qui lui permet de dépasser d'ores et déjà son objectif annuel. Au total, depuis 2011, la banque a réduit ses coûts de 4,5 milliards de dollars.

HSBC avait dévoilé en mai 2011 un plan stratégique passant par la suppression de 30.000 emplois dans le monde et le recentrage du groupe sur ses activités stratégiques. En mai dernier, elle avait annoncé viser des réductions de coûts additionnelles de 2 à 3 milliards de dollars d'ici 2016 dont l'impact sur l'emploi se chiffrerait en milliers de suppressions de postes supplémentaires.