Thomson Reuters accélère les réductions de coûts dans sa division financière

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Le groupe américano-canadien d'informations Thomson Reuters va accélérer ses réductions de coûts, surtout dans sa division d'écrans financiers où il prévoit des milliers de réductions de postes, après un recul de ses résultats trimestriels.
Le groupe américano-canadien d'informations Thomson Reuters va accélérer ses réductions de coûts, surtout dans sa division d'écrans financiers où il prévoit des milliers de réductions de postes, après un recul de ses résultats trimestriels. — Chris Hondros Getty Images

Le groupe américano-canadien d'informations Thomson Reuters va accélérer ses réductions de coûts, surtout dans sa division d'écrans financiers où il prévoit des milliers de réductions de postes, après un recul de ses résultats trimestriels.

Le bénéfice net a baissé de 39% à 271 millions de dollars au troisième trimestre, et le chiffre d'affaires de 3% à 3,1 milliards, selon des chiffres publiés mardi.

«Nous allons accélérer le rythme des efforts pour simplifier et rationaliser notre organisation», a annoncé le directeur général James Smith.

Cela se traduira par une charge exceptionnelle de 350 millions de dollars, dont les composantes seront détaillées lors de la présentation des comptes du quatrième trimestre où elle sera pour l'essentiel enregistrée, a ajouté M. Smith lors d'une téléconférence avec des analystes.

Thomson Reuters précise toutefois déjà que le gros des efforts concernera sa division «finance et risque», qui chapeaute ses services financiers et notamment les écrans boursiers qu'il installe dans les banques et les salles de marché en concurrence avec ceux de Bloomberg.

Les documents fournis mardi aux analystes mentionnent un objectif de 4.500 réductions de postes dans cette division d'ici fin 2014 comparé à 2012. Jusqu'ici, le groupe avait seulement annoncé mi-février vouloir couper 2.500 emplois d'ici fin 2013.

Conditions difficiles dans le secteur bancaire

«Nous nous attendons toujours à des conditions difficiles dans les prochains trimestres, en particulier dans les plus grandes banques mondiales», a commenté James Smith: ces importants clients du groupe restent confrontés à «des vents contraires», notamment en Europe, et s'efforcent de réduire leurs coûts et leurs effectifs.

Les nouvelles mesures devraient réduire les coûts annuels du groupe d'environ 300 millions de dollars d'ici 2015, et permettre d'atteindre la même année, un an plus tôt que prévu, l'objectif d'une marge brute d'exploitation (Ebitda) de 30% dans la division financière. Elle était de 26,4% au troisième trimestre.

Thomson Reuters tire l'essentiel de ses revenus de ses activités d'informations spécialisées. Parmi elles, la division financière a encore été le premier contributeur au chiffre d'affaires au troisième trimestre, même s'il a reculé de 2% à 1,6 milliard de dollars en raison de faibles volumes de transaction et d'une baisse des revenus tirés des écrans financiers. Le bénéfice d'exploitation de la division a aussi baissé, de 7% à 735 millions de dollars.

Le groupe a par ailleurs des activités juridiques, de fiscalité et de comptabilité, ou encore de protection intellectuelle. Les médias et notamment l'agence Reuters, lui ont rapporté seulement 82 millions de dollars de chiffre d'affaires trimestriel (+4%) et ont enregistré une perte d'exploitation de 191 millions de dollars (réduite de 11% sur un an).

Avant la nouvelle charge annoncée mardi,Thomson Reuters avait déjà prévu pour 100 millions de dollars d'indemnités de licenciement sur l'ensemble de l'année 2013, dont 97 millions avaient déjà été payés fin septembre.

Début octobre, dans un message adressé aux 60.000 salariés du groupe, M. Smith avait toutefois évoqué de nouvelles «décisions difficiles» à venir.

Le groupe a depuis annoncé des réductions de postes touchant la rédaction de Reuters. Leur niveau n'a pas été confirmé officiellement, mais des sources syndicales ont évoqué 5% des effectifs, ce qui représenterait environ 140 postes sur la base des 2.800 journalistes revendiqués dans le dernier rapport annuel de Thomson Reuters.

Le groupe a parallèlement prévu une contribution exceptionnelle d'environ 500 millions de dollars aux fonds de pension de ses salariés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et 1 milliard de dollars pour ses actionnaires via des rachats d'actions qui s'étaleront jusque fin 2014. Cela ira de pair avec une activité d'acquisition «plus modeste», selon le directeur financier Stephane Bello.

L'agence Moody's s'est inquiétée d'un possible recours à l'endettement pour financer les rachats d'actions et a baissé d'un cran la note qu'elle octroie au groupe, à Baa2. L'action Thomson Reuters prenait malgré tout 2,50% à 36,62 dollars vers 14H45 GMT.