Wall Street guette la suite de la saison des résultats

© 2013 AFP

— 

Quasi assurés de profiter pendant encore un certain temps des largesses de la banque centrale américaine, les courtiers de Wall Street se concentreront la semaine prochaine sur la suite de la saison des résultats en espérant de nouveaux records.
Quasi assurés de profiter pendant encore un certain temps des largesses de la banque centrale américaine, les courtiers de Wall Street se concentreront la semaine prochaine sur la suite de la saison des résultats en espérant de nouveaux records. — Stan Honda AFP

Quasi assurés de profiter pendant encore un certain temps des largesses de la banque centrale américaine, les courtiers de Wall Street se concentreront la semaine prochaine sur la suite de la saison des résultats en espérant de nouveaux records.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice vedette réunissant 30 valeurs de la Bourse de New York, a avancé de 1,11% à 15.570,28 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a gagné 0,74%, à 3.943,36 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a pour sa part progressé de 0,88% pour grimper à 1.759,77 points, un niveau jamais atteint auparavant.

Au cours des prochaines séances, entre les géants de l'informatique Apple et Facebook, de la pharmacie Merck et Pfizer, du pétrole ExxonMobil et Chevron ou des automobiles GM et Chrysler, «les investisseurs vont surtout scruter les résultats d'entreprises», selon William Lynch, gérant de portefeuille à Hinsdale Associates.

«Jusqu'à présent, les chiffres ont plutôt surpris positivement le marché», à l'instar des étincelles faites par Google, Microsoft ou Amazon, remarque-t-il.

Seul bémol: selon S&P Capital IQ, les entreprises ayant fourni des prévisions pour le quatrième trimestre ont dans leur grande majorité déçu les attentes du marché.

Mais les investisseurs ne s'en font pas trop car ils comptent bien profiter pendant encore plusieurs mois des mesures très accommodantes de la Réserve fédérale (Fed), relève Michael Gayed de Pension Partners.

Il y a encore quelques semaines, la majorité des acteurs du marché pensait en effet que la banque centrale allait réduire d'ici la fin de l'année le montant de bons du Trésor et de titres hypothécaires qu'elle achète chaque mois pour soutenir la reprise économique (actuellement 85 milliards de dollars).

Mais depuis, les atermoiements des responsables politiques américains sur le budget et la dette de la première puissance économique mondiale ont provoqué une paralysie partielle de Washington pendant plus de deux semaines et amené le pays au bord du défaut de paiement.

Les marchés ont tremblé. Avant de rebondir dans la foulée d'un accord résolvant temporairement la crise.

Aussi, alors même que le marché de l'emploi reste fragile et au vu de l'incertitude demeurant sur la façon dont Washington va gérer les négociations en cours sur les finances du pays, la plupart des analystes estiment désormais que la Fed ne commencera à freiner ses mesures de soutien qu'au printemps de l'année prochaine.

Les investisseurs prêteront donc une attention particulière à une réunion du Comité de politique monétaire de l'institution (FOMC) prévue mardi et mercredi «pour déceler tout indice sur un éventuel calendrier», souligne Michael Gayed.

De nombreux indicateurs sont aussi prévus au cours des prochaines séances, qu'il s'agisse de chiffres sur la production industrielle ou les promesses de ventes de logements lundi, sur les ventes au détail ou la confiance des consommateurs mardi, sur les prix à la consommation mercredi ou sur l'activité manufacturière vendredi.

Ces données seront toutefois prises avec des pincettes par les acteurs du marché, selon l'économiste Joel Naroff.

«L'économie n'avançait pas à un rythme effréné avant que Washington ne décide de tester sa capacité à tout détruire, mais au moins, elle progressait», remarque-t-il. Après l'imbroglio politique qui a perturbé le fonctionnement du pays en début de mois, «on va sans doute avoir des chiffres plutôt mauvais pour octobre, et en réaction, plutôt bons en novembre», ajoute le spécialiste.

«Mais il faudra plusieurs mois avant qu'on puisse vraiment évaluer ce qu'il en est vraiment de l'économie américaine», note Joel Naroff. «Comme l'incertitude se traduit à la Fed par le maintien de son aide, ceux qui se shootent aux liquidités (de l'institution) vont être très heureux pendant au moins encore un certain temps.»

Nyse Nasdaq