Gaz de schiste: GDF Suez investit au Royaume-Uni

ÉNERGIE arré en France, le géant français traverse la Manche...

Bertrand de Volontat

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Un puits d'exploitation de gaz de schiste, dans le Colorado, aux Etats-Unis.
Un puits d'exploitation de gaz de schiste, dans le Colorado, aux Etats-Unis. — D.ZALUBOWSKI/AP/SIPA

Il n’y a pas qu’EDF qui s’affaire outre-Manche. Ce lundi Londres et le géant français de l’électricité, allié à des groupes chinois, avaient officialisé un accord portant sur la construction de deux réacteurs nucléaires EPR au Royaume-Uni. Ce mardi, c’est au tour du groupe énergétique français GDF Suez d’annoncer son premier investissement dans le gaz de schiste, avec une prise de participation minoritaire dans treize permis d'exploration, dans l'ouest de la Grande-Bretagne. En décembre 2012, le gouvernement de David Cameron y a autorisé la reprise de forages, tout en l'assortissant de nouveaux contrôles. Le premier ministre britannique espère tirer un impact positif du gaz de schiste en termes d'emploi et de baisse des prix de l'énergie.

GDF a pris acte du refus français

En France, l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste restent strictement interdites, à cause de l’impact potentiel sur l’environnement de son mode d’extraction, la fracturation hydraulique. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs validé le 11 octobre une loi de 2011 interdisant en France la fracturation hydraulique, technique utilisée pour exploiter les gaz et pétrole de schiste, adressant une fin de non-recevoir aux industriels. «Nous n’avons pas de commentaire à faire sur la situation en France, explique le groupe interrogé par 20 Minutes. L’exploration fait avant tout partie de nos compétences.» Et le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet d’ajouter la semaine dernière: «Nous sommes pragmatiques. La France a dit non, nous en prenons acte».

Le géant français de l'énergie a ainsi traversé la Manche pour acquérir, via sa division britannique, 25% des licences possédées jusqu'ici intégralement par le groupe Dart Energy, qui couvrent l'intégralité du bassin de schiste de Bowland, dans l'ouest du pays. Il débourse dans cette opération 12 millions de dollars et participera aux coûts de recherche à hauteur de 27 millions de dollars pour  une zone couvrant 1.378 km². «Nous avons toujours eu une approche rationnelle et scientifique par rapport au gaz de schiste», commente le groupe.

Cet investissement n’est pas une surprise

Ces premières prises de participation étrangère pour un groupe français, dans ce qui n’est pour l’instant qu’un potentiel de gaz de schiste, ne constituent pas une réelle surprise. Le mois dernier, Gérard Mestrallet n'avait pas caché son souhait d'investir dans l'exploration de gaz de schiste dans trois pays européens, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Pologne. «On sait que l'exploitation en Europe sera plus coûteuse qu'aux Etats-Unis, néanmoins nous essayons de savoir s'il y en a ou pas», faisait valoir la semaine passée Gérard  Mestrallet dans son entretien accordé au quotidien l'Opinion.