Le gouvernement reconnaît le flop des contrats de génération

avec AFP

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François Hollande, le 3 mai 2013 a signé une déclaration d’intention de deux contrats de génération chez le fabricant de charcuterie Jean-Louis Amiotte.
François Hollande, le 3 mai 2013 a signé une déclaration d’intention de deux contrats de génération chez le fabricant de charcuterie Jean-Louis Amiotte. — LCHAM/SIPA

Au vu du lent décollage des contrats de génération, le gouvernement a appelé mardi les organisations patronales et syndicales à multiplier les accords pour que les moyennes entreprises se saisissent du dispositif pour recruter des jeunes en CDI.

Ardemment défendu par François Hollande pendant sa campagne malgré les critiques (effets d'aubaine, complexité), y compris dans son propre camp, le dispositif répond au soucis de favoriser à la fois l'intégration des jeunes et le maintien dans l'emploi des seniors.

Un premier bilan d’étape «maigre»

Pour les entreprises de moins de 300 salariés, il ouvre droit à une aide (4.000 euros par an pendant trois ans) pour l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans en CDI, à condition de garder un salarié de plus de 57 ans.  Aux plus grandes, il impose des mesures pour l'emploi des seniors et l'intégration des jeunes, sous peine de sanction financière.

Le premier «bilan d'étape» dressé mardi par le ministère - à l'occasion d'une troisième "réunion de mobilisation pour l'emploi» depuis la conférence sociale de juin - est maigre. Dans l'entourage de Michel Sapin, on reconnaît que «ça va trop lentement».

12.802 demandes d’aides à l’embauche

Malgré la carotte, seulement 12.802 demandes d'aides à l'embauche ont été enregistrées par l'administration, dont 650 déposées par des entreprises de 50 à 300 personnes. Près de 11.500 ont été à ce jour acceptées, selon des informations obtenues par l'AFP. Dans 20% des cas, le jeune embauché était auparavant en alternance. L'objectif était de 75.000 embauches de jeunes en CDI (et autant de seniors maintenus dans l'emploi) d'ici à fin mars et 500.000 en cinq ans.

Seuls sept accords de branche, auxquels les entreprises pourraient facilement se raccrocher, ont été à ce jour signés (couvrant 2,5 millions de salariés sur 17 millions), 17 autres sont en négociation. «Le mouvement doit s'accélérer. Il n'y a aucune raison que des accords ne puissent pas se faire dans toutes les branches», s'impatiente le ministère.

Au sein de la majorité, les doutes s'expriment sans détour: «ce dispositif n'aura pas d'impact sur l'emploi», explique à l'AFP un député socialiste. Pour beaucoup d'entreprises, «même avec l'aide, l'engagement de trois ans est un pari trop risqué», ajoute-t-il.