Ecotaxe: «Nous n'avons pas encore compris si elle est à but environnemental ou pas»

Propos recueillis par Alexandre Sulzer

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Le secrétaire général de la FNSEA Dominique Barrau le 27 novembre 2012 à Paris.
Le secrétaire général de la FNSEA Dominique Barrau le 27 novembre 2012 à Paris. — AFP PHOTO ERIC FEFERBERG

Alors que la FNSEA, premier syndicat agricole, mène mardi des opérations de blocage dans toute la France contre l’écotaxe, son secrétaire général répond à nos questions.

Vous vous opposez à l’écotaxe en affirmant que les produits français seront davantage taxés que les étrangers. Pourtant, l’écotaxe doit favoriser les circuits courts…

Non, car ne seront taxés que les réseaux routiers secondaires, pas les autoroutes sur lesquelles transitent une grande partie des produits importés.

Quelle solution proposez-vous pour lutter contre l’émission de gaz à effet de serre?

La solution pour le moment, c’est d’attendre que l’on soit en situation de croissance. Nous contestons le fait de taxer 1,5 milliard d’euros sur un secteur d’activités qui n’en a pas besoin. De toute façon, nous n’avons pas encore compris si cette écotaxe est à but environnemental ou pas puisqu’elle ne s’appliquera pas aux autoroutes. On a l’impression que c’est une taxe nouvelle pour suppléer l’Etat qui ne peut plus doter les collectivités locales [elles doivent toucher 150 millions d’euros de produit de cette taxe].

750 millions d’euros de produit de l’écotaxe doivent aller à la construction de voies ferroviaires et fluviales pourtant…

Vous connaissez comme moi l’engouement des écologistes à réaliser des ouvrages publics. Je n’y crois donc pas. Je pense qu’avec notre opération coup-de-poing, nous serons entendus.