Goodyear: Montebourg maintient avoir reçu une offre de Titan

avec AFP

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Le tribunal de grande instance de Nanterre a suspendu jusqu'à nouvel ordre le plan de restructuration de Goodyear qui prévoit de supprimer plus de 800 postes sur le site d'Amiens Nord, a-t-on appris mercredi auprès de l'avocat de la CGT du site.
Le tribunal de grande instance de Nanterre a suspendu jusqu'à nouvel ordre le plan de restructuration de Goodyear qui prévoit de supprimer plus de 800 postes sur le site d'Amiens Nord, a-t-on appris mercredi auprès de l'avocat de la CGT du site. — Francois Nascimbeni afp.com

Le jeu de poker menteur continue. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a maintenu ce mardi avoir reçu une offre de reprise partielle du site de Goodyear à Amiens, en soulignant qu'il lui revenait désormais de la «faire aboutir».

«C'est une proposition qui a été faite par M. Maurice Taylor (le PDG du groupe américain Titan International) qui est venu me voir malgré les mots durs qu'il avait eus», a déclaré Arnaud Montebourg sur la chaîne de télévision LCP.«Cette offre a été faite au gouvernement. Elle n'a pas été faite à Goodyear. Donc, je suis dépositaire de cette offre. Ce n'est pas, ni à M. Taylor ni à quelqu'un d'autre, de la commenter. C'est à moi de la faire aboutir et de convaincre toutes les parties prenantes», a-t-il ajouté.

Dans un débat «Face aux lecteurs» paru ce mardi dans les colonnes du Parisien, Arnaud Montebourg indique qu’il doit recevoir, dans la journée, la CGT Goodyear afin d’évoquer le projet de reprise.

«C'est aux salariés de nous dire ce qu'ils veulent. Moi, je pense que nous pouvons trouver une paix possible des braves. C'est mieux que rien et moi j'ai besoin de conserver un outil industriel», a-t-il plaidé, insistant sur le fait qu'il voulait «sauver le plus possible d'emplois».

Taylor sauverait 333 emplois sur 1.200

Joint par l’Agence France-Presse aux Etats-Unis, Maurice Taylor a, lui, préféré botter en touche. «Je ne suis au courant de rien en relation avec votre pays de vins formidables et de belles femmes, a-t-il répondu. Je ne suis qu'un vieil homme et je ne parle pas français.» Mais pour Arnaud Montebourg, l’affaire est pourtant bien engagée. «J’ai reçu Maurice Taylor, assure-t-il dans les colonnes du Parisien. Il propose de sauver 333 emplois sur 1.200. Il garantit un maintien de l’activité pendant quatre ans.» Interrogé sur cet imbroglio, Arnaud Montebourg a trouvé «normale» l'attitude de l'entrepreneur, «cela fait partie du jeu», a-t-il commenté.

Il a eu en revanche des mots durs pour Goodyear, qui, selon le ministre,«ne veut pas entendre d'autre débouché que le licenciement des personnes qui sont concernées».