L'épicier de luxe Hédiard en cessation de paiement

COMMERCE L'épicerie de luxe, déficitaire depuis six ans, s'est déclarée lundi en cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Paris, a confirmé à «20 Minutes» une source proche du dossier...

Claire Planchard

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Le siège de l'épicerie fine Hédiard, place de la Madeleine à Paris.
Le siège de l'épicerie fine Hédiard, place de la Madeleine à Paris. — RACKAM/SIPA

Les salariés d’Hédiard en sauront plus jeudi. Une audience est prévue dans la matinée au tribunal de commerce de Paris. Dans l’attente, la direction se refuse à tout commentaire «parce qu’elle n’en a pas le droit».

Mais une source proche du dossier a confirmé lundi soir à 20 Minutes que la célèbre enseigne d’épicerie fine créée en 1854 allait «solliciter la protection de la justice commerciale via une procédure de redressement judiciaire».

Un repreneur pour les 160 salariés

Reste à savoir si le tribunal acceptera de nommer un administrateur judiciaire au groupe qui compte aujourd’hui 160 salariés dans 80 points de vente. Et surtout combien de mois de répit elle lui accordera. «Pendant cette période de redressement, l’activité opérationnelle continue mais la dette est suspendue, ce qui donne plus de marge de manœuvre pour trouver une solution auprès d’autres investisseurs ou d’un repreneur», a précisé la même source.

Depuis 2006, l’activité du distributeur et traiteur de luxe ne cesse en effet de décliner. La reprise par la famille russe Pougatchev en 2007 n’y a rien changé. Alors que son concurrent Fauchon affiche une activité en hausse, Hédiard creuse ses pertes.

En mai 2011, la reprise en main de la direction générale du groupe par Alexandre Pougatchev, le fils de l'oligarque russe Sergeï Pougatchev, après une valse de 4 directeurs généraux en quatre ans, n’a pas permis d’arranger la situation.

D'après Le Figaro, le groupe aurait même été «lâché par son actionnaire russe», sans doute échaudé par les récents déboires de son fils avec France Soir, racheté en 2009 et relancé à grand frais et en pure perte avant de disparaître.