VIDÉO. L'A380 est-il un échec?

C. B.

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Un Airbus A380 au salon du Bourget le 21 juin 2011.
Un Airbus A380 au salon du Bourget le 21 juin 2011. — Francois Mori/AP/SIPA

Ce mardi, l’A380 effectuera son premier vol entre Londres et Hong Kong, sous les couleurs de British Airways. Et six ans après son premier service commercial, la question fait toujours débat: ce mastodonte –il s’impose comme le plus gros avion civil de transport de passagers en service- est-il un échec?

«Techniquement, il est top», répond Jean-Louis Dropsy, senior manager aéronautique chez Kurt Salmon. «Sa configuration est spacieuse et luxueuse, il offre réellement une nouvelle expérience de vol. D’ailleurs, les compagnies qui achètent des A380 le font aussi dans une démarche de prestige.» L’avion, qui peut transporter 530 passagers, et même plus de 800 personnes selon la version, offre en outre une consommation moindre en termes de carburant, de l’ordre de 15 à 17%.

Et pourtant, les ventes patinent. A ce jour, Airbus a livré 112 appareils et recense 260 commandes. Il est donc en dessous du seuil de rentabilité, estimé à 530 avions. Rappelons que le développement de l’A380 a coûté pas moins de 12 milliards d'euros… «A court terme, ces chiffres peuvent être analysés comme un échec commercial, mais Airbus gagne en image, et à plus long terme, rien n’est joué», nuance Jean-Louis Dropsy.

En vidéo, la saga de l'Airbus A380 de l'an 2000 à nos nos jours

Deux stratégies s’opposent

Dans les vingt prochaines années, le nombre d’avions en circulation devrait doubler pour atteindre 41.000 appareils. Si les deux tiers de ces avions seront des monocouloirs utilisés pour des courts et moyen courriers, le long courrier pose question.

«Boeing pense que le point à point, c’est-à-dire les vols de destination à destination, vont se développer. Le constructeur américain propose donc des modèles qui ne dépassent pas les 400 places», détaille l’expert. Alors qu’Airbus mise sur l’essor du hub à hub, qui nécessite de plus gros porteurs pour les desservir. «Si Airbus voit juste, il sera le seul à disposer de l’appareil adapté», analyse Jean-Louis Dropsy.

Le développement du transport aérien en Asie va également peser. «Si des pays comme la Chine et l’Inde se lancent dans le low cost, ils sauront utiliser un A380 version 800 places», conclut Jean-Louis Dropsy.