Goodyear: Montebourg annonce une reprise par Titan, le patron de Titan ne confirme pas, la direction de Goodyear dément

INDUSTRIE Selon Montebourg, le fabricant de pneus aurait fait une offre de reprise partielle qui conserverait 333 emplois...

avec AFP

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Rassemblement des salariés de Good Year devant les bureaux de Dunlop et Good Year contre la fermeture du site d'Amiens, à Rueil-Malmaison le 12 février 2013.
Rassemblement des salariés de Good Year devant les bureaux de Dunlop et Good Year contre la fermeture du site d'Amiens, à Rueil-Malmaison le 12 février 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Nouvel imbroglio dans le dossier Goodyear. Après qu'Arnaud Montebourg a claironné dans l'après-midi que l'entreprise Titan avait formulé une offre de reprise partielle du site d'Amiens Nord, le patron de Titan a réfuté être au courant d'une telle offre.... tout comme la direction de Goodyear. 

Arnaud Montebourg avait annoncé à l'AFP que cette offre déposée par Titan concernerait «333 emplois sur le site d'Amiens dont le maintien sera garanti pendant quatre ans». Titan International est prêt à investir «une centaine de millions de dollars, dont 40 millions minimum sur le site», a précisé le ministre.

Vive polémique

Mais dans la foulée, le patron de Titan, Maurice Taylor, avait assuré ne pas être au courant que son groupe avait déposé une offre. «Je ne suis au courant de rien en relation avec votre pays de vins formidables et de belles femmes», a-t-il lâché en milieu d'après-midi.

Et ce lundi soir, c'est la direction de Goodyear, qui semble ne pas savoir de quoi parler le ministre du Redressement productif. Du moins, la direction assure n'avoir pas reçu d'offre, même partielle.

Ce n'est pas la première fois que le groupe américain se dit prêt à reprendre en partie les activités de Goodyear à Amiens Nord, mais il avait fini par jeter l'éponge il y a un an, suscitant au passage une vive polémique.

Dans une lettre acerbe adressée à l'époque à Arnaud Montebourg, le patron de Titan, Maurice Taylor, avait raillé l'attitude du gouvernement français et des salariés du site, ce qui lui avait valu les foudres des syndicats et d'une partie de la classe politique française.

Une lettre «préjudiciable» pour la France

«Je lui ai dit que sa lettre avait été extrêmement préjudiciable pour la France et que je n'avais pas apprécié qu'il ait dit du mal de travailleurs qui ne cherchent qu'à travailler», a rappelé lundi le ministre du Redressement productif. Pour autant, il a jugé solide la nouvelle proposition de Maurice Taylor.

«C'est une manière de maintenir un outil industriel sur le site d'Amiens Nord et de le redéployer avec des investissements nouveaux», a fait valoir le ministre.

Le site, qui emploie environ 1.200 personnes, est condamné à la fermeture depuis janvier. Le projet de Titan International prévoit de reprendre une partie de l'activité une fois mis en oeuvre le plan social présenté par la direction de Goodyear, qui fait l'objet de multiples procédures.