Grève des inspecteurs du travail: «La réforme s’est faite sans concertation»

REFORME Yves Sinigaglia, de SUD Travail-Affaires sociales, répond à «20 Minutes» avant la manifestation des inspecteurs du travail contre la réforme de Sapin ce mardi...

Bertrand de Volontat

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Manifestation des inspecteurs du travail, à Paris. 
Manifestation des inspecteurs du travail, à Paris.  — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Ce mardi, les inspecteurs du travail manifesteront dans les rues de Paris à la suite de l’appel d'une intersyndicale CGT, FO, SNUTEFE-FSU et SUD à la grève nationale. Ils protestent contre la réforme de la structure publique en charge du contrôle du respect du droit du travail, menée par le ministre du Travail, Michel Sapin. Yves Sinigaglia, direction de SUD Travail-Affaires sociales, nous explique les raisons de ce mouvement.

>> Retrouvez notre decryptage de la réforme de l'Inspection du décryptage

Pourquoi manifestez-vous ce mardi?

Le projet est déjà extrêmement avancé et la réforme s’est faite sans concertation, ou du moins avec un semblant de concertation. Il y a eu des groupes de travail, des séminaires, mais c’est tout. La réforme propose de réorganiser la structuration de l’inspection du travail de façon corporatiste. A ce jour, une équipe de trois à quatre inspecteurs par territoire gère 3.500 entreprises. Le gouvernement veut créer des sections spécialisées par type d’activités: agriculture, amiante, BTP, risques chimiques et autres risques dits prioritaires, ou encore le travail illégal.

Quel est le problème avec cette réforme?

Nous sommes des généralistes; si vous bloquez un tiers des inspecteurs pour quelques entreprises spécialisées, nous serons vite en sous-effectif. Nous sommes aujourd’hui 2.350 agents -inspecteurs et contrôleurs- (3.000 en comptant les secrétariats et les services de renseignement) pour 18 millions de salariés et près de deux millions d’établissements.  Avec cette réforme, il faudra compter en outre la création d’un chef de service en plus, pris parmi les agents afin de contrôler l’action des inspecteurs spécialisés. Sans parler des nouvelles cellules régionales spécialisées qui sont à l’étude, un genre de super-GIGN.

Qui répondra aux salariés ce mardi pour des demandes d’inspections pendant que vous manifesterez?

Il n’y aura personne pour répondre ce mardi. Nous attendons une mobilisation de près de 1.800 grévistes à Paris, qui marcheront deux heures de Montparnasse à l’avenue Duquesne (dans le 7ème arrondissement de la capitale), devant le ministère des Affaires sociales et de la Santé, car j’imagine qu’on ne nous laissera pas entrer.