Italie: des dizaines de milliers de manifestants contre l'austérité

© 2013 AFP

— 

Des incidents en marge de la manifestation contre l'austérité à Rome le 19 octobre 2013
Des incidents en marge de la manifestation contre l'austérité à Rome le 19 octobre 2013 — Alberto Pizzoli AFP

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi à Rome pour une manifestation contre l'austérité, marquée par quelques heurts avec la police.

«Nous allons assiéger la ville», criaient quelques étudiants dans le cortège contre les coupes budgétaires et le coût social de la crise économique, qui a traversé le centre de la capitale.

Regroupant 70.000 personnes selon les organisateurs, 50.000 selon la police, la manifestation regroupait aussi bien des militants des droits des immigrés ou du droit au logement que des opposants au projet de TGV Lyon-Turin, les «No-Tav» (treno alta velocità). Parmi ces derniers, figurait le célèbre écrivain Erri de Luca, qui a fait sensation récemment, en se prononçant pour le sabotage de ce projet.

Des heurts ont opposé une centaine de manifestants cagoulés à la police autour du ministère des Finances, tandis que la vitrine d'une agence de la banque Unicredit a été défoncée à coups de pierres.

«On proteste contre une austérité qui met le pays à genoux», a expliqué Piero Bernocchi, du syndicat autonome Cobas. Pour lui, cette politique «n'a pas atteint son but qui était censé réduire la dette pendant que la classe politique continue avec ses privilèges».

«Nous avons le droit de nous loger comme les italiens. On verse des larmes de crocodile sur les morts de Lampedusa et on nous laisse à la rue», a déclaré à la presse un des manifestants, Aboubakar Soumahoro.

Quatorze personnes ont été interpellées avant la manifestation et «plusieurs» autres un peu plus tard. La police a saisi des chaînes, des casques, des battes de baseball et un couteau.

Entre 3.000 et 4.000 membres des forces de l'ordre avaient été déployés et plusieurs magasins avaient baissé leur rideau de crainte d'incidents.

En 2011, de violents incidents avaient éclaté lors d'une manifestation à Rome à l'occasion de la journée mondiale des «indignés» et de nombreux heurts se sont produits dans le passé lors de manifestations des No-Tav dans le nord de l'Italie.

Selon les médias, les manifestants veulent tenter d'occuper des immeubles et des hôtels pour protester contre le manque de logement pour les familles démunies, frappées de plein fouet par la récession, la plus longue que l'Italie ait connue depuis l'après-guerre.

Selon les derniers chiffres publiés, le chômage en Italie a atteint 12,2% de la population active en août. Il s'agit du taux le plus élevé depuis la création des statistiques du chômage, tant mensuelles (2004) que trimestrielles (1977).

Quelques manifestants avaient passé la nuit en campant sur la grande place de la basilique Saint-Jean-de-Latran, après une manifestation syndicale accompagnée d'une grève des transports vendredi.