La macroéconomie revient à la Bourse de Paris

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La Bourse de Paris retrouvait des forces mardi à la mi-journée (+0,76%), après trois séances de baisse d'affilée, bénéficiant d'un apaisement des craintes liées aux pays émergents
La Bourse de Paris retrouvait des forces mardi à la mi-journée (+0,76%), après trois séances de baisse d'affilée, bénéficiant d'un apaisement des craintes liées aux pays émergents — Thomas Coex AFP

Rassurée par l'accord temporaire sur le budget aux Etats-Unis, la Bourse de Paris se tournera vers les indicateurs économiques pour en savoir plus sur la teneur de la reprise des deux côtés de l'Atlantique.

Sur la semaine écoulée, l'indice parisien a gagné 1,57% pour terminer vendredi à 4.286,03 points, son plus haut annuel en clôture. Ses gains depuis le début de l'année atteignent 17,71%.

«Les actions européennes ont eu des performances modérées relativement aux actions mondiales» cette semaine, souligne Frédéric Rollin, analyste chez Pictet Asset Management, la réaction du marché à l'accord sur le plafond de la dette aux Etats-Unis ayant «finalement été modeste», remarquent les économistes de BNP Paribas.

L'accord aux Etats-Unis ne constituait pas «une surprise majeure» et il reste «temporaire», expliquent-ils, ce qui a limité l'euphorie.

Le Congrès, sous la pression de l'échéance d'un éventuel défaut de paiement sans précédent de la première économie mondiale, a adopté in extremis mercredi soir un compromis budgétaire et un relèvement du plafond de la dette.

L'impact positif du compromis sur les places boursières a été d'autant moins significatif qu'il n'a pas été précédé d'une «panique» sur les marchés, rappelle de son côté Jean-Louis Mourier, économiste du courtier Aurel BGC.

Cet épilogue n'est que provisoire: le plafond de la dette n'est relevé que jusqu'au 7 février 2014. La loi budgétaire court quant à elle jusqu'au 15 janvier, date à laquelle une nouvelle paralysie de l'Etat se profilera si aucun accord n'est scellé.

Cette incertitude temporairement levée, le marché va se concentrer sur les indicateurs macroéconomiques tant en Europe qu'aux Etats-Unis, où leur publication avait été suspendue durant le blocage budgétaire, en raison de la paralysie partielle de l'Etat américain.

«Non seulement les indicateurs économiques américains seront publiés avec retard mais seront un peu moins fiables, étant donné que le +shutdown+ (paralysie de l'Etat, ndlr) a pu compromettre la qualité de certaines compilations de données», souligne BNP Paribas.

Parmi les chiffres attendus, les investisseurs devraient suivre attentivement la publication du rapport mensuel sur l'emploi américain portant sur le mois de septembre, qui devait initialement être publié début octobre.

Cette confusion renforce la conviction du marché selon laquelle la Réserve fédérale américaine (Fed), dont la politique monétaire est fortement liée à l'analyse des données macroéconomiques, devrait maintenir encore quelques temps son soutien massif à l'économie.

«Les marchés ont l'impression de retrouver un peu de visibilité sur la politique monétaire car ils n'attendent rien» avant qu'une solution plus durable se profile concernant le budget et le plafond de la dette aux Etat-Unis, confirme M. Mourier.

En Europe, il s'agira de vérifier que l'économie est «vraiment sur le chemin du rétablissement», même s'il n'est «pas forcément linéaire», affirme M. Rollin.

Parmi les chiffres attendus figurent notamment des indicateurs d'activité dans les secteur privé et manufacturier en zone euro ou encore l'indicateur du climat des affaires d'octobre en France, ainsi que l'indice Ifo du moral des entrepreneurs en Allemagne.

Enfin, les publications d'entreprises continueront à un rythme soutenu, avec des poids lourds de la cote jeudi comme Pernod Ricard, Essilor, Air Liquide, Gemalto, Saint-Gobain, Kering ou encore Axa et Areva.

Cette semaine déjà, certaines publications ont donné lieu à «des réactions violentes» des marchés, notamment après des avertissements sur résultats ou des déceptions, toutefois «sans impact sur les indices», précise M. Mourier.

Certaines valeurs comme Ubisoft ont particulièrement souffert. Le titre s'est effondré de 26,15% mercredi après l'annonce du report de deux jeux majeurs.

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