Petroplus: pas de reprise globale, des pistes industrielles

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La CGT de la raffinerie fermée Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), près de Rouen, a appelé lundi le gouvernement à relancer la piste d'une reprise du site par le groupe iranien Tadbir, à la faveur de l'accord nucléaire et économique conclu ce week-end avec Téhéran.
La CGT de la raffinerie fermée Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), près de Rouen, a appelé lundi le gouvernement à relancer la piste d'une reprise du site par le groupe iranien Tadbir, à la faveur de l'accord nucléaire et économique conclu ce week-end avec Téhéran. — Charly Triballeau AFP

Le préfet de Haute-Normandie a affirmé vendredi qu'il n'y avait pas de repreneur global «crédible» pour la raffinerie Petroplus mais que «trois à quatre» pistes industrielles sont à l'étude pour occuper le site.

«A partir du moment où il n'y a pas de repreneur qui soit crédible, qui soit sérieux, il faut procéder à un repositionnement industriel et portuaire», a déclaré à la presse Pierre-Henry Maccioni.

«On ne joue pas avec l'Etat, avec les salariés, avec le repositionnement industriel et donc avec l'emploi», a-t-il lancé à l'adresse du syndicat CGT de Petroplus et de son principal porte-parole Yvon Scornet qu'il a accusé d'entretenir l'illusion d'une possible reprise globale du site.

Le préfet, ainsi que la liquidatrice de la société, Béatrice Pascual, ont cherché à démontrer, documents à l'appui, que certaines offres de reprise étrangères, comme celle de la société libyenne Murzuq Oil, étaient «fantaisistes» et «totalement irrecevables».

«J'ai décidé de siffler la fin de la récréation», a affirmé le préfet en annonçant en revanche «trois à quatre pistes» industrielles pour ce site «exceptionnel» en bord de Seine de 240 hectares, tout proche des ports de Rouen et du Havre.

Ces pistes sont «un projet d'envergure» de production de bio-plastiques biodégradables, «un projet d'implantation d'une start-up technologique» pour le traitement des effluents liquides et «un projet de création d'une unité de production de diesel à partir de plastiques usagés».

Le préfet a ajouté une quatrième piste qui pourrait être envisagée en parallèle et qui consisterait en la mise en place d'un «stockage stratégique» de pétrole pour l'Etat, comme il y en a ailleurs en France.

Une société de raffinage procèderait à ce stockage au bénéfice de l'Etat. Cette activité qui a déjà été pratiquée sur le site de Petroplus, dans le passé, «mérite d'être étudiée» mais elle ne doit pas «nuire à l'activité de raffinage en val de Seine ou ailleurs en France», a souligné M. Maccioni.

Plusieurs ministères, et principalement celui du redressement industriel, ont contacté «plus de 600 entreprises en France et à l'étranger» pour les faire venir sur le site.

«Il faut éviter que le site devienne une friche industrielle» a estimé le préfet, précisant que la sécurité, l'énergie et le gardiennage du site inoccupé coûteraient 6 millions d'euros par an.

S'agissant du plan de sauvegarde de l'emploi, la préfecture a informé que sur les 448 salariés de Petroplus, liquidée en octobre 2012, mais dont l'activité a été autorisée jusqu'à la mi-avril, 113 personnes avaient retrouvé un emploi (73 CDI), 73 seront mises en retraite ou en pré-retraite, 54 sont en formation et 18 ont un projet de création d'entreprise. Par ailleurs 38 salariés participent à la cellule liquidative.