Libre-échange UE-Canada: inquiétude et colère de la filière bovine

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La conclusion imminente de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne préoccupe et "scandalise" la filière bovine, qui redoute l'arrivée massive de viandes produites selon des normes sanitaire et environnementales bien moins contraignantes.
La conclusion imminente de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne préoccupe et "scandalise" la filière bovine, qui redoute l'arrivée massive de viandes produites selon des normes sanitaire et environnementales bien moins contraignantes. — Charly Triballeau AFP

La conclusion imminente de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne préoccupe et «scandalise» la filière bovine, qui redoute l'arrivée massive de viandes produites selon des normes sanitaire et environnementales bien moins contraignantes.

Selon la Fédération nationale bovine (FNB), les importations de viandes canadiennes au sein de l'Union s'élèveraient après l'accord à 50.000 tonnes, contre 1.000 t environ actuellement, a indiqué vendredi à l'AFP son secrétaire général Jean-Pierre Fleury.

«Nous sommes extrêmement fâchés par cet accord dans une période où l'Europe pleure des emplois tous les matins» en particulier dans des filières d'élevage «au plus bas» de l'échelle des revenus rappelle-t-il.

Pour la FNB, le consommateur sera loin d'être gagnant avec des viandes principalement élevées en «feed-lot» (hors sol, sur site unique) «gavées d'activateurs de croissance» pour en augmenter le poids.

«Les consommateurs européens n’auront pas avec les viandes bovines canadiennes la même garantie de traçabilité et de sécurité alimentaire» insiste la FNB dans un communiqué, dénonçant des «normes bien moins contraignantes en matière de respect de l’environnement et du bien-être animal».

Cet accord est d'autant plus préoccupant que l'Europe a entamé au printemps des négociations en vue d'un accord similaire avec les Etats-Unis. Or, les coûts de production en Amérique du Nord sont inférieurs de 30 à 40%, selon M. Fleury.

«On a visité l'an dernier à Denver, Colorado, une ferme de 100.000 bovins sur un même site, dans des conditions d'élevage qui n'ont rien à voir» avec les contraintes européennes, rapporte-t-il.

L'UE importe actuellement un total de 350.000 tonnes de viande sur 7,5 millions de tonnes consommées dans l'Union, précise-t-il. L'accord UE-USA porterait les seules importations américaines à 200.000 tonnes.

Simultanément la consommation de viande en France et en UE est en baisse d'environ 3% depuis le début de l'année.

Selon la FNB, la filière bovine en France représente 100.000 éleveurs et près d'un million d'emplois jusqu'à l'étal.