SNCF: Les Français dénoncent l'opacité des tarifs

TRANSPORTS L'association CLCV a dévoilé ce jeudi sa troisième enquête annuelle «Prix et satisfaction» sur les voyages SNCF...

Claire Planchard

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Une voyageuse achète un billet SNCF en gare de Saint-Pierre-des-Corps.
Une voyageuse achète un billet SNCF en gare de Saint-Pierre-des-Corps. — ALAIN JOCARD / AFP

La politique de segmentation tarifaire de la SNCF ne paie pas. Alors que la compagnie ferroviaire a multiplié ces derniers mois les opérations promotionnelles et revendique «50%» de tarifs à petits prix, notamment via ses nouveaux TGV low-cost Ouigo, 82,8% des usagers interrogés par la CLCV* jugent encore les tarifs trop élevés. C’est un peu moins qu’en 2012 (88%), mais la perception globale de la politique tarifaire, elle, reste très mauvaise: 29% des usagers jugent l’information opaque (contre 27,1% l’an dernier) et 40,2% insuffisante (contre 37,2% en 2012).

En ligne de mire: la politique de différenciation tarifaire de la SNCF. Dans le temps d’abord, avec une forte croissance du prix moyen au fur et à mesure que la date du voyage se rapproche et une politique de discount, notamment trois mois avant le départ: « Le problème, c’est que si on sait bien que les bons tarifs se trouvent à l’ouverture des ventes, cette date, elle, reste très floue: en clair, si on demande au consommateur d’être malin, encore faut-il lui donner les règles du jeu», a expliqué jeudi à 20 Minutes François Carlier, secrétaire général de la CLCV.

«Discrimination territoriale»

L’association dénonce également les écarts de tarifs entre les différentes lignes. Selon ses relevés effectués depuis trois ans au cours de périodes de vacances, le tarif au kilomètre des trajets au départ d’une ville de région est en moyenne 30% plus cher que celui des trajets au départ de Paris. Une «inéquité territoriale» vécue comme une «discrimination», souligne la CLCV.

«Notre piste d’explication est un peu technique mais c’est un vrai enjeu de politique publique: on constate que 37% du prix d’un billet de TGV provient du péage demandé par Réseau ferré de France (RFF), pour l’utilisation de l’infrastructure du rail. Or cette tarification se fait «au train qui passe» et non pas «au nombre de passagers à bord»: du coup, dans des trains de régions qui sont souvent moins fréquentés, elle se répercute sur un plus petit nombre de voyageurs», explique François Carlier.

Exaspérée par les écarts de tarifs promotionnels lancés fin mai par la SNCF entre les lignes de TGV Nord et les autres**, l’Association des voyageurs usagers des chemins de fer (Avuc) a même porté l’affaire le 22 juin dernier devant le tribunal administratif de Paris pour «rétablir l’égalité tarifaire sans discrimination géographique». Ce dernier a estimé que c’était  au Conseil d’Etat de se prononcer sur ce maquis tarifaire.

*Enquête réalisée au premier semestre 2013 par les bénévoles de la CLCV auprès de 497 passagers à bord des trains.

**Des prix fixés à 30 euros pour des voyages aller-retour les samedis du 18 juin au 24 août entre Paris et les gares desservies (à moins de 2 heures) par les TGV Atlantique, contre 20 euros pour les destinations de Paris aux gares desservies par les TGV Nord.