Dette américaine: Le Congrès évite le drame et met fin au «shutdown»

ETATS-UNIS Le Congrès a voté dans la soirée pour relever le plafond de la dette, et ainsi éviter le défaut de paiement...

P.B. avec AFP

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Barack Obama dans le bureau ovale, le 27 septembre 2013.
Barack Obama dans le bureau ovale, le 27 septembre 2013. — P.SOUZA/MAISON BLANCHE

La planète financière respire. Mercredi, au bout du suspense, le Congrès américain a conclu un accord et voté dans la foulée pour relever le plafond de la dette. Barack Obama a signé le texte au milieu de la nuit.

Négocié au Sénat, où il est passé avec une large majorité (81 voix contre 18), le texte a été plus chahuté à la Chambre des représentants (285 voix contre 144). Seuls un tiers des républicains ont voté pour, alors que les élus conservateurs affiliés au Tea Party ont refusé de soutenir un compromis n'offrant, selon eux, pas assez de concessions sur la réforme de la santé promulguée par Barack Obama.

 

Un accord de court terme

 

Les Etats-Unis évitent donc de se retrouver en défaut de paiement pour la première fois de leur histoire, un scénario nucléaire qui aurait secoué le dollar et l'économie mondiale. En bonus, le texte va également mettre fin au «shutdown» gouvernemental et permettre la réouverture des services publics, dont le financement était bloqué.

L'accord relève le plafond de la dette jusqu'au 7 février et rouvre jusqu'au 15 janvier les agences fédérales partiellement fermées depuis le 1er octobre, tout en convoquant une commission pour négocier un budget pour 2014. Les tractations pour trouver un accord sur la durée seront compliquées: deux partis devraient camper sur leurs positions avant les élections de la mi-mandat du 4 novembre 2014.

«Regagner la confiance» des citoyens américains

Barack Obama, s'est dit «heureux». Il a cependant averti que le Congrès devrait regagner la «confiance» des Américains après deux semaines d'affrontements politiques, et dit souhaiter cesser de gouverner «de crise en crise».

Le grand perdant de l'affaire semble être le Tea Party, qui n'a jamais été aussi impopulaire. Selon une enquête de l'institut Pew publiée mercredi, 49% des Américains en ont une opinion défavorable, contre 43% en août 2011, lors du précédent affrontement sur la dette.

De nombreux élus républicains veulent tirer les leçons de cet épisode et recadrer le parti vers des objectifs plus constructifs que le sabordage de la loi sur la santé, validée par la Cour suprême. «Le chemin que nous avons emprunté ces deux dernières semaines mène à un parti marginalisé aux yeux des Américains, une forme de conservatisme qui se situe probablement au-delà de ce que le marché peut supporter», analyse le sénateur Lindsey Graham.