Protections anti-ondes: Un business à très haut débit

ENTREPRISES Face aux doutes persistants sur les risques sanitaires des champs électromagnétiques, une multitude de sociétés proposent aux particuliers des solutions de protection, le plus souvent sans aucune garantie d’efficacité...

Claire Planchard

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Murs et portes recouverts de couverture de survie anti-ondes.
Murs et portes recouverts de couverture de survie anti-ondes. — CAPMAN/SIPA

«Bandeaux de grossesse», «rideaux anti-ondes», «sous-vêtements écrans», «coques  anti-radiation» pour téléphones portables, «peinture au carbone»… Le marché de la protection anti-ondes est en pleine explosion sur Internet. En dehors de toute réglementation.

«Rien de sérieux»

«Ces produits de protection répondent à une attente des gens, il y a de toute évidence un marché à prendre. Mais il n’y a rien que nous, en tant qu’association de médecins, nous recommandions à l’heure actuelle sur cette thématique. Il n’existe pour nous rien de sérieux sur ce marché», observe Ludivine Ferrer, directrice de l’association de Santé Environnement France qui regroupe 2.500 médecins.

«Il existe aujourd’hui une multitude de produits sur Internet mais il est difficile de distinguer ceux dont l’efficacité a été certifiée», reconnaît Jérôme Andreu, directeur d’Ondelio. Initialement spécialisée dans la mesure des risques liés aux champs électromagnétiques, cette start-up rouennaise est de plus en plus sollicitée pour trouver des solutions concrètes de protection, par des entreprises et des mairies, mais aussi des particuliers. «Nous proposons des textiles, des rideaux, des moquettes, des peintures mais aussi des films à poser sur les vitres qui sont tous des dérivés de produits déjà existants dans l’industrie civile ou militaire pour limiter les interférences entre des machines, ou encore pour protéger les données sans fil du piratage. Leur efficacité est donc éprouvée mais aussi certifiée par un laboratoire accrédité», explique-t-il. Pour lui, cette accréditation est déjà en quelque sorte «un label» de qualité auquel le consommateur doit se référer.

Mais pour ce spécialiste de la gestion des risques, l’essentiel de la prévention reste ailleurs: «s’intéresser aux produits de protection est rarement indispensable pour se protéger. Utiliser un kit main libre ou mettre sont téléphone en mode avion sera souvent plus efficace!»