«Shutdown» aux Etats-Unis: Le ton monte à Washington à l'approche de l'échéance

MONDE Cela fait quinze jours déjà que les Etats-Unis sont paralysés par un «shutdown»...

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Le président de la Chambre, John Boehner, donne une conférence de presse à Washington, le 15 octobre 2013
Le président de la Chambre, John Boehner, donne une conférence de presse à Washington, le 15 octobre 2013 — AFP

A moins de deux jours de l'échéance d'un possible défaut de paiement des Etats-Unis sur leur dette, le ton est monté mardi à Washington en pleine incertitude sur l'issue de négociations de dernière minute au Congrès. Après 15 jours de paralysie de l'Etat fédéral faute d'accord sur le budget, les chefs de file du Sénat avaient prévu de dévoiler mardi un plan pour résoudre la crise et relever in extremis le plafond légal de la dette.

Tentative avortée

Mais les républicains majoritaires à la Chambre des représentants ont tenté de revenir dans le jeu en préparant leur propre plan, qui s'en prendrait davantage à la réforme de l'assurance-santé promulguée par le président Barack Obama en 2010 et honnie par les conservateurs. Cette tentative a été rejetée par les démocrates de l'exécutif et du Congrès.

«Le président a dit et répété que les membres du Congrès n'avaient pas à exiger de rançon pour assumer leurs responsabilités fondamentales de voter un budget et de payer les factures du pays», a expliqué une porte-parole de la Maison Blanche, Amy Brundage, estimant que «malheureusement, c'est ce que fait la dernière proposition des républicains de la Chambre».

Pris en tenaille entre sa volonté affichée de ne pas laisser la première économie mondiale faire défaut et la pression d'élus soutenus par le Tea Party, influent mouvement populiste d'ultra-droite hostile au compromis, M. Boehner ne s'est pas engagé lors d'une courte conférence de presse mardi. «Il y a beaucoup d'opinions sur la direction à prendre. Aucune décision n'a été prise sur ce que nous allons faire, exactement», a-t-il dit.

Encore «loin d'un accord»

Cette absence de décision a suspendu de facto les progrès au Sénat, où un responsable républicain au Sénat a indiqué à l'AFP que cette assemblée attendrait de voir ce que la Chambre déciderait avant de voter. Le sénateur républicain Roy Blunt a expliqué que «la balle est dans le camp de la Chambre, et le Sénat va attendre de voir ce que la Chambre (lui) envoie». Quelle que soit la solution choisie, elle devra en effet être entérinée par les deux assemblées du Congrès avant d'être promulguée par Barack Obama.

«Nous sommes encouragés par les progrès au Sénat, mais nous sommes loin d'un accord à l'heure actuelle», a estimé à la mi-journée le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

Concessions sur la réforme du système de santé

Un plan comprendrait, selon plusieurs médias américains, une mesure permettant au Trésor de continuer à emprunter jusqu'au 7 février, et à l'Etat fédéral de rouvrir entièrement jusqu'au 15 janvier.En échange, les démocrates offriraient des concessions sur certains aspects de la réforme du système de santé, élément déclencheur de la crise actuelle, notamment en renonçant à une taxe sur les sociétés d'assurance. Des négociations budgétaires formelles via une commission bicamérale seraient immédiatement engagées, portant sur le reste de l'année budgétaire 2014.

Risque sur les paiements

Faute de relèvement du plafond de la dette, le Trésor a prévenu qu'il ne pourrait plus emprunter à partir de jeudi et qu'il risquait rapidement de ne plus pouvoir assurer tous ses paiements, à une date difficile à prédire mais qui pourrait se situer entre les 22 et 31 octobre, selon le Bureau du budget du Congrès.