Pénibilité: «Ce dossier nous fait frémir» assure le président du Medef

RETRAITE Pierre Gattaz assure que cette mesure sur la pénibilité va complexifier les choses et coûter très cher...

avec AFP

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Retraites, illustration
Retraites, illustration — JOEL SAGET / AFP

Le compte pénibilité prévu par la réforme des retraites «nous fait frémir», a affirmé mardi le président du Medef Pierre Gattaz, en qualifiant le dispositif d'«usine à gaz» kafkaïenne, «anti-économique et anti-entreprise». Il «crée énormément d'inquiétude notamment parmi les TPE/PME», c'est «vraiment le sujet qui fâche», le «nouveau combat» du Medef, a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse mensuelle.

Un compte pénibilité

Selon le projet de loi soumis solennellement mardi aux députés, ce compte personnel de prévention de la pénibilité permettra aux salariés d'accumuler des points en fonction du temps passé en situation de pénibilité pour se reconvertir, travailler à temps partiel ou partir plus tôt à la retraite. Avec ce compte, «on va droit vers une bureaucratie à la Kafka», c'est un «marqueur anti-économique, anti-entreprise», selon Pierre Gattaz.

«La complexité va s'accroître», prédit-il: «il va falloir remplir des fiches d'exposition qui donneront droit à des points (...) qui pourront être contestées en permanence par nos salariés ou les partenaires sociaux». Selon Pierre Gattaz, la loi crée une «Hydre de Lerne purement administrative, bureaucratique qui ne tient absolument pas compte aujourd'hui des réalités du terrain et de la spécificité de chaque entreprise» alors que c'est «avant tout un problème d'entreprise avec ses salariés».

Un coût énorme

«On donne en plus le signal à nos jeunes, nos salariés que le travail est pénible», avec «11% de chômeurs, on est schizophrène», estime-t-il. Selon le président du Medef, la pénibilité ce sera «encore 500 millions d'euros de coût de plus à l'horizon 2016-2017 pouvant monter jusqu'à 2,5 mds-3 mds à l'horizon 2030».