Gaz: Comment réduire votre facture?

Céline Boff

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Gazinière.
Gazinière. — JAUBERT/SIPA

Une facture de gaz au moins 13% moins chère que celle au tarif réglementé. Soit une économie annuelle d’environ 124 euros pour une famille vivant en zone 1, c’est-à-dire à Lille, à Lyon ou à Marseille. Voilà ce que vous garantit l’UFC-Que Choisir.

Cette association de consommateurs a lancé en juillet un appel d’offres auprès des sept fournisseurs de gaz naturel. Avec deux objectifs: les engager à respecter des conditions contractuelles favorables aux consommateurs (facturation à la consommation réelle, traitement simplifié des réclamations, etc.) et leur demander de jouer le jeu des enchères inversées afin d’obtenir le prix le plus compétitif possible.

Un rabais de plus de 15%

Au final, un seul fournisseur s’est porté candidat: Lampiris. S’il est peu connu en France, cet acteur détient près de 8% du parc résidentiel belge. Et il s’est donc engagé à offrir un kWh au minimum 13% moins cher que le tarif réglementé d’octobre.

Mais le rabais pourrait être encore plus substantiel et peut-être même dépasser les -15%. «Tout dépendra de la mobilisation des consommateurs», explique Cédric Musso, directeur des relations institutionnelles de l’UFC-Que Choisir. Concrètement, les Français ont jusqu’au 25 novembre pour s’inscrire sur le site Gazmoinscherensemble.fr

«Plus les inscriptions seront nombreuses, plus le tarif baissera», poursuit Cédric Musso. Le prix final sera communiqué le 26 novembre. Les inscrits recevront ensuite leur offre personnalisée et décideront s’ils souhaitent ou non souscrire ce contrat. Attention: seuls 100.000 foyers pourront bénéficier de l’offre.

«Les tarifs réglementés du gaz ne présentent aucun avantage»

Le tarif sera garanti pendant un an. «Au terme de cette période, les consommateurs devront donc être vigilants», avertit Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir, qui insiste: «Mais rien n’est plus simple que de changer de fournisseur de gaz: c’est sans frais et le consommateur peut à tout moment revenir vers les tarifs réglementés

Si le coût de l’énergie est la principale préoccupation des consommateurs, plus de huit foyers sur dix (81%) sont encore aux tarifs réglementés du gaz, «alors que ceux-ci ne présentent aucun avantage!», s’agace Alain Bazot. Comme l’a d’ailleurs noté l’Autorité de la concurrence dans son avis de mars dernier, «les fournisseurs alternatifs sont en mesure de proposer des offres compétitives car ils ont, en règle générale, des coûts d’approvisionnement et de fonctionnement inférieurs à ceux du fournisseur historique».

Un succès en Grande-Bretagne et en Belgique

En lançant cette opération pour laquelle l’UFC-Que Choisir «ne perçoit aucune rémunération directe ou indirecte», l’association veut «que les consommateurs se réapproprient le pouvoir. Nous espérons également que cette démarche incitera les fournisseurs à proposer des tarifs encore plus compétitifs

En Europe, des associations de consommateurs ont déjà monté de telles opérations d’enchères inversées au Royaume-Uni et en Belgique, permettant à plusieurs dizaines de milliers de foyers d’économiser sur leurs factures d’énergie respectivement 230 et 365 euros par an.

 

Le prix du gaz va encore augmenter

Les tarifs réglementés du gaz de GDF Suez devraient augmenter de 0,5% en novembre. En huit ans, le prix du gaz a explosé, avec un bond de +80%. Cette hausse s’accompagne d’une progression de la précarité énergétique. Plus de quatre foyers sur dix (42%) déclarent désormais se restreindre en chauffage, d’après le Médiateur national de l’énergie.