Les Français résignés à travailler plus longtemps

Delphine Bancaud

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Retraites, illustration
Retraites, illustration — JOEL SAGET / AFP

Alors que l’Assemblée nationale se prononcera mardi par un vote solennel sur la réforme des retraites, les Français semblent peu à peu se résigner à travailler plus longtemps pour permettre d'équilibrer durablement le financement des retraites. Dans un sondage* de l’Observatoire Cegos dévoilé en exclusivité par 20 Minutes ce lundi, 62% d’entre eux se disent ainsi prêts à travailler plus longtemps.

«Les Français ne font plus la politique de l’autruche, ils ont compris que leur espérance de vie augmentant, pour équilibrer le financement des retraites, ils devront faire des efforts. Mais ils voudraient le faire à leur conditions», explique Valérie Jaunasse, consultante chez Cegos. Ainsi, 25% d’entre eux s’imaginent pouvoir travailler à temps plein et 37% se projettent plutôt dans une activité à temps partiel pour leur fin de carrière. «La majorité d’entre eux ne se voient pas occuper obligatoirement le même poste en fin de carrière», souligne la consultante.

Les cadres plus favorables que les ouvriers

Reste que la perspective de travailler plus longtemps n’est pas accueillie de la même manière par toutes les catégories de salariés. «Plus leurs conditions de travail sont difficiles, moins ils admettent cette idée», souligne Valérie Jaunasse. De fait si 55% des cadres du privé se disent favorables à l’allongement de la durée de cotisation de 41,5 années en 2020 à 43 ans en 2035, seulement 20% des ouvriers le sont. Une tendance qui se retrouve dans une moindre mesure dans le public car les agents de la catégorie A (la plus haute) sont 34% à accepter cette mesure contre 31% des fonctionnaires en général. «On constate aussi que les hommes sont plus favorables à cette mesure que les femmes, car ils occupent généralement des postes plus qualifiés et avec davantage de responsabilités», souligne Valérie Jaunasse.

L’idée de garder une activité professionnelle pendant sa retraite semble elle aussi faire son chemin puisque la moitié des salariés envisagent de le faire. Une intention dictée dans 31% des cas par la crainte d’avoir besoin d’un complément de revenu à ce moment-là. «Cette tendance s’observe déjà depuis des années aux Etats-Unis où les retraités distribuent des journaux ou occupent des jobs d’appoints dans des commerces pour boucler leurs fins de mois», souligne Valérie Jaunasse. Pas sûr que les entreprises françaises seront néanmoins plus enclines à embaucher des tempes grises pour ces postes.

 

*Etude réalisée en septembre et portant sur 750 salariés du privé et 550 du public.