«Une vraie reprise passe par un rebond des PME»

Propos recueillis par Céline Boff

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Forum pour l'emploi à Toulouse le 4 février 2013.
Forum pour l'emploi à Toulouse le 4 février 2013. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA

Pierre Moscovici estime que «l’économie française va incontestablement mieux». Et vous?

Elle s’améliore en effet, mais elle part d’un niveau très bas! Et amélioration ne veut pas dire rebond. L’environnement européen et international reste incertain et les entreprises françaises n’ont pas encore relancé leurs investissements, ce qui est le vrai signe de la reprise.  

Mais d’après l’Insee, elles devraient le faire en fin d’année…

Peut-être, mais ces investissements seront au mieux timides. La France focalise toujours son attention sur les grandes entreprises mais 60 à 70% des richesses et des emplois sont créés par les PME et ces sociétés sont peu rentables. Elles doivent devenir plus profitables et bénéficier de davantage de flexibilité.

Or, les débuts du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice, qui doit permettre d’alléger le coût du travail) sont extrêmement modestes. Et tout le monde attend de voir si la loi sur l’emploi permettra vraiment aux PME de gagner en flexibilité. Une chose est sûre: s’il n’y a pas de reprise dans les PME, il n’y en aura pas en France.

Mais la croissance revient, n’est-ce pas un signe positif?

Une croissance de 0,2% ne va pas résoudre tous les problèmes. Depuis la crise, la France surfe sur des vagues, elle n’a pas plongé comme l’Espagne ou comme la Grèce, mais je crois que sans ajustement profond, elle ne tiendra pas longtemps. En tout cas, elle ne peut pas s’habituer, comme elle a tendance à le faire actuellement, à un taux de chômage aussi élevé.

Pierre Moscovici fustige le manque de confiance dont font preuve les Français. Ont-ils raison d’être pessimistes?

Non, c’est un vrai problème et une spécialité française. Je crois que le seul moyen de reconstruire de la confiance est d’instaurer davantage de dialogue social dans les entreprises et surtout dans les PME. C’est sur cet aspect qu’il faut se concentrer aujourd’hui.