Le fret de la SNCF s'effrite à grands frais

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La situation "catastrophique" des activités de transport de marchandises (fret) de la SNCF est au centre des inquiétudes des six syndicats de cheminots qui appellent à une grève nationale mercredi en dénonçant par ailleurs la détérioration du dialogue social.
La situation "catastrophique" des activités de transport de marchandises (fret) de la SNCF est au centre des inquiétudes des six syndicats de cheminots qui appellent à une grève nationale mercredi en dénonçant par ailleurs la détérioration du dialogue social. — Mychèle Daniau AFP/Archives

Dure journée, hier, pour la SNCF, qui a levé le voile sur la petite forme du transport de marchandises. Les objectifs du plan de sauvetage lancé en 2003, et pour lequel l'Etat a mis 1,4 milliard d'euros sur la table, ne seront pas tenus. Cette année, le fret devrait afficher un déficit proche des 214 millions d'euros de 2005, au lieu de 47 millions, a admis l'entreprise publique. « De 2003 à 2005, nous avons été dans les clous. En 2006, nous avons souffert de l'ouverture des lignes intérieures à la concurrence », a relativisé un porte-parole. Ce qui n'a pas empêché le patron du fret et maître d'oeuvre de la restructuration, Marc Véron, d'être débarqué au profit d'un autre pur produit de la société, Olivier Marembaud.

Un changement qui n'a guère ému les syndicats. « La situation n'est pas une surprise. La direction ne veut pas l'admettre mais le plan Véron a été un échec. Il a misé sur la réduction des coûts au détriment du service », a réagi Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots. Ce sera justement la priorité du groupe. La nouvelle présidente, Anne-Marie Idrac, a demandé à Olivier Marembaud de « se concentrer sur les attentes des clients », a indiqué le groupe.

Angeline Benoit

Le ferroviaire ne représente plus que 12 % du fret, contre 20 % en 2000. Un déclin au profit de la route, accentué par l'arrivée en mars, de concurrents, comme le britannique EWS, de 20 % à 30 % moins cher.