Alcatel-Lucent: Les salariés de Colomiers assommés par le «coup de massue» du plan social

REPORTAGE Après l'annonce de la suppression de 900 postes en France...

A Toulouse, Hélène Ménal

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Sous le choc, les salariés de Colomiers n'ont pas travaillé mardi.
Sous le choc, les salariés de Colomiers n'ont pas travaillé mardi. — F. Scheiber / 20 Minutes

Cet ingénieur toulousain a appris son infortune lundi soir en surfant sur le Net. Une de ses collègues par le «coup de fil d'une copine» mardi matin. Et ceux qui n'avaient allumé ni leur portable, ni la radio, l'ont compris en voyant la tête des autres à leur arrivée dans les bureaux d'Alcatel-Lucent. La direction de l'équipementier en télécommunications a décidé de supprimer 10 000 postes dans le monde, dont 900 en France et donc une centaine à Colomiers. Le bâtiment du parc aéronautique, qui emploie quasi exclusivement des ingénieurs, va tout simplement être rayé de la carte dès l'année prochaine.

Sept plans en sept ans

«Nous sommes une toute petite structure. L'économie ne sera pas énorme, c'est pourquoi nous sommes tous abasourdis», confie un salarié. En cette triste matinée, tous les employés toulousains ont choisi de rester rassemblés sur le parvis, désertant les bureaux. Ils restent serrés les uns contre les autres dans un silence qui en dit long. Le seul à parler, et qui s'en serait bien passé, c'est Gilles Rouyer, le délégué CFDT du site. «C'est un coup de massue !», répète ce syndicaliste, pourtant rodé aux plans sociaux. «C'est le septième depuis la fusion avec Lucent. C'est à chaque fois plus dur, plus violent, plus radical», dit-il.

A Colomiers, dix-huit salariés sont déjà partis en 2013 dans le cadre d'un plan de restructuration baptisé «Performances». Ceux qui restent travaillent pour un tiers dans le domaine de cybersécurité, une activité phare, et pour deux tiers sur les logiciels informatiques fournis aux opérateurs de téléphonie. «Pour l'instant, on évoque un redéploiement des effectifs», explique Gilles Rouyer, qui attend de plus amples informations. A Colomiers, les salariés ont entre 40 et 55 ans. Sont-ils prêts à partir pour la région parisienne ? «Chaque chose en son temps, il faut d'abord encaisser le coup», souffle une informaticienne.

Freescale aux prud'hommes

Leur site a été longtemps voisin de celui d'Alcatel. Une centaine d'ex-salariés de Freescale, le constructeur américain de composants électroniques, ont rendez-vous ce mercredi matin au tribunal des prud'hommes pour une première audience de conciliation. Ils contestent le motif économique de leur licenciement. Sur les 821 salariés concernés par la fermeture des ateliers, en août 2012, près de la moitié pointe à Pôle Emploi selon la CGT.