Marseille: La savonnerie du Fer à cheval veut repartir au galop avec un nouveau repreneur

TRADITION La première usine de production de savon de Marseille dans les Bouches-du-Rhône, actuellement en liquidation judiciaire, sera fixée sur son sort le 16 octobre...

A Marseille, Amandine Rancoule
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La Savonnerie du Fer à Cheval a six repreneurs potentiels pour revitaliser le site de la première usine de production de savon de Marseille des Bouches-du-Rhône.
La Savonnerie du Fer à Cheval a six repreneurs potentiels pour revitaliser le site de la première usine de production de savon de Marseille des Bouches-du-Rhône. — P. Magnien

Les bâtiments datent de 1856, le savoir faire aussi. Michel, salarié depuis 31 ans du Fer à cheval, à Marseille, fabrique la pâte à savon au premier étage de la savonnerie. Une pelle en guise de cuillère, il touille la texture à 110 degrés dans un immense chaudron. «Je la surveille avant qu’elle ne déborde, raconte-t-il. S’il en reste sur la pelle quand je la ressors, c’est que ce n’est toujours pas bon.» Alors, à l’œil, Michel ouvre ou coupe la vapeur d’eau, via un robinet, «à l’ancienne». La fabrication du savon prend une semaine. La pâte est ensuite envoyée au rez-de-chaussée pour être refroidie. «Le liquide est projeté sur les parois d’une machine: en contact avec l’air, il refroidit», raconte Eric, le chef de fabrication.

Six repreneurs en lice

Le savon hypoallergénique et biodégradable est alors conditionné en sac ou en sachet individuel.  «Nous voulons faire perdurer cette tradition-là», indique Emilie Lesbros employée du Fer à cheval. Le 16 octobre, l’administrateur judiciaire devrait décider du repreneur de la société, en liquidation judiciaire. En lice: six repreneurs, dont  la savonnerie Marius-Fabre à Salon-de-Provence et des investisseurs russes.

«Il n'est pas question de délocaliser»

«La Soling Company [dont le siège est à Moscou] a déposé une offre, confirme leur représentant Patrick Touflan. La notoriété du véritable savon de Marseille est mondiale et ils veulent la développer. il n’est pas question de délocaliser. L’objectif est bien de créer une société marseillaise avec un rayonnement international.» Condition sine qua non: préserver la trentaine d'emplois. «Nous souhaiterions aussi que le repreneur développe l'outil industriel sur le site avec, pourquoi pas, un musée du savon. Il faut qu'il ait des moyens financiers importants», insiste Roland Blum, le premier adjoint au maire de Marseille.