Mutuelles pour animaux de compagnie: Un marché de niche

ASSURANCE Zoom sur les couvertures santé pour chats et chiens qui se développent timidement en France, à l'occasion du salon Animal Expo organisé à Paris les 5 et 6 octobre...

Claire Planchard

— 

Doberman avec collerette vétérinaire.
Doberman avec collerette vétérinaire. — WHITEWOLF/SIPA

Rita s’est fait mordre par Medor? Moustache est tombé du toit? Vous voilà avec une facture de vétérinaire de 1.500 euros. Dur, dur. Pour éviter ces mauvaises surprises, des contrats d’assurance-maladie, accident et parfois même décès ou fugue (oui, oui) se développent en France depuis une vingtaine d’années. Sans grand succès pour l’instant.

«On estime aujourd’hui qu’environ 4% des animaux sont couverts en France alors que ce taux de pénétration dépasse en moyenne les 20% en Europe du Nord», observe Stanislas di Vittorio, fondateur du comparateur en ligne Assurland, qui constate que les opérateurs, grandes compagnies d’assurance ou courtiers ne «font pas plus de publicité pour ce marché embryonnaire qu’il ne le mérite économiquement».

Gros gabarits et races fragiles

A eux seuls, les chiens représenteraient 80% du marché, loin devant les chats. «C’est logique car tout comme l’alimentation, le coût des traitements (médicaux et chirurgicaux) sont proportionnels au poids des animaux. Par ailleurs, tous les chiens sortent à l’extérieur et ont donc plus de risques d’être infectés par des bactéries ou virus, ou d’avoir un accident», souligne Boris Jean, vétérinaire et cofondateur en 2011 de la société d’assurance spécialisée dans la couverture santé des animaux Bulle Bleue.

Parmi les assurés de cette mutuelle, chiens de grands gabarits et chiens de races réputés fragiles sont ainsi surreprésentés, yorkshire, Bouledogue et labrador en tête. «Certaines races entraînent des dépenses de santé plus importantes que la moyenne parce qu’elles sont davantage prédisposées à certaines maladies (problèmes cardiaques du Cavalier King Charles et du boxer, articulaires pour le labrador et le berger allemand, dermatologiques et respiratoires pour le bouledogue français et bulldog anglais, etc.). Bien entendu tous les chiens de ces races ne sont pas touchés par ces maladies, cela dépend en partie des gènes et donc aussi de la sélection réalisée par les éleveurs», précise Boris Jean..

350 euros par an en moyenne

A la souscription d’un contrat, outre l’état de santé et l’âge de l’animal, sa race sera donc systématiquement demandée pour déterminer le tarif d’adhésion. A vous ensuite de vous retrouver dans le maquis des taux de couverture, franchises et exclusions: «Aujourd’hui une soixantaine de produits existent sur le marché», observe le fondateur d’Assurland. «En gros, le coût moyen s’échelonne entre 100 et 200 euros pour une formule de base et 400-600 euros pour une formule premium, la différence essentielle portant sur le plafond des frais annuels dépensés (de 1.000 euros à 2.500 euros) mais aussi leur limitation aux seuls frais d’accident et de chirurgie ou au contraire à l’ensemble des dépenses courantes comme les vaccinations ou la maladie», poursuit-il.

«Comme avec toute assurance, on ne sait pas si on sera gagnant au final, mais il ne s’agit pas d’un investissement financier. En souscrivant une assurance, on achète le confort d’être sûr de pouvoir, à tout moment, bien soigner son animal en cas de problème ; et il faut le faire avant qu’il soit malade ou que survienne un accident, car après c’est beaucoup plus compliqué», défend le directeur de Bulle Bleue.

Si vos revenus vous le permettent, mettre un peu d’argent de côté chaque mois pour «auto-assurer» votre animal chéri et le soigner en cas de pépin peut aussi être une bonne stratégie. Et qui sait, si Moustache et Rita gardent la pêche, vous pourrez dépenser cette cagnotte pour les emmener en vacances.