La Chine, meilleur espoir pour le marché automobile mondial

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A l'heure où les marchés indien, russe et brésilien trébuchent, la Chine apparaît de plus en plus comme le moteur de la croissance du secteur automobile mondial, soulignent les analystes du secteur.
A l'heure où les marchés indien, russe et brésilien trébuchent, la Chine apparaît de plus en plus comme le moteur de la croissance du secteur automobile mondial, soulignent les analystes du secteur. — Liu Jin AFP

A l'heure où les marchés indien, russe et brésilien trébuchent, la Chine apparaît de plus en plus comme le moteur de la croissance du secteur automobile mondial, soulignent les analystes du secteur.

«Depuis plusieurs années, ce sont les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine NDLR) qui tirent la progression des ventes mondiales, prenant le relais des pays matures», explique Carlos da Silva, analyste chez IHS Automotive.

Les ventes mondiales de véhicules devraient ainsi croître encore de 3% cette année, selon l'organisation du secteur OICA.

Mais ces quatre grands pays émergents ne sont pas tous logés à la même enseigne. Les ventes de voitures neuves en Russie pourraient reculer jusqu'à 7% cette année à 2,7 millions de véhicules, pronostique IHS Automotive. Le marché indien pourrait aussi chuter de près de 7% à 3 millions pour la deuxième année consécutive après une décennie de progression ininterrompue. Les ventes resteraient stables au Brésil à 3,6 millions, selon IHS.

Résistance du marché chinois

Le ralentissement actuel de la croissance de l'économie chinoise ne devrait rien changer à cette tendance, prévoient les analystes. Le cabinet PwC s'attend à ce que les ventes de véhicules neufs doublent entre 2012 et 2019, ce qui ferait du marché auto chinois «à peu près l'équivalent des marchés européen et des Etats-Unis réunis».

Cette résistance s'explique par le fait que «les ménages chinois sont peu endettés» et que le salaire minimum y a augmenté de 20% en moyenne ces deux dernières années, explique Julien Marcilhy, économiste à la direction de la recherche économique de l'assureur-crédit Coface.

A l'inverse, «le Brésil a vu sa croissance essentiellement tirée par la forte consommation des ménages en partie due à un accès très facile au crédit, mais ce n'est pas soutenable à moyen terme», poursuit-il.

Le marché automobile russe connaît pour sa part une progression en dents de scie. Après avoir dégringolé de 49% en 2009 et rebondi, il est reparti à la baisse.

«Le marché était soutenu par des primes à la casse depuis plusieurs années», rappelle Carlos da Silva et leur suppression n'a pas été sans conséquence.

Faiblesse russe

Le repli des ventes intervient aussi à un moment où la croissance économique russe ralentit fortement: elle n'a atteint que 1,4% au premier semestre sur un an, après 3,4% en 2012. Les autorités espèrent relancer les immatriculations via des mesures visant à stimuler le crédit automobile.

Les constructeurs européens qui ont investi dans des usines en Russie continuent cependant à croire au potentiel de ce marché, qui pourrait devenir d'ici 2020 le plus gros en Europe devant l'Allemagne.

«Il peut y avoir des baisses des ventes sur un trimestre, ou une année, mais pour moi il ne fait pas de doute que la tendance est à la hausse», affirme Carlos Ghosn, PDG des constructeurs français Renault et japonais Nissan. Ils sont en train de prendre le contrôle du russe Avtovaz et les trois devraient dominer ce marché d'ici 2016.

Les espoirs mis dans l'essor du marché indien ont également été refroidis récemment, victimes de la hausse des taux d'intérêts de la Banque centrale indienne, du ralentissement de l'économie et de la hausse des prix de l'essence.

Le crédit automobile est très répandu dans le pays, les hausses des taux d'intérêt ont un impact direct sur les ventes, indique M. da Silva.

Pour autant, les perspectives à moyen terme pour le marché automobile restent bonnes dans l'ensemble des Bric. Le taux d'équipement des ménages y reste faible comparé à l'Europe ou à l'Amérique du Nord et «de plus en plus d'habitants ont l'envie et pour la première fois les moyens de s'offrir une voiture», souligne PwC.