La Bourse de Paris suspendue aux négociations budgétaires américaines

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La réunion de la Banque centrale européenne (BCE) devrait concentrer l'attention des investisseurs la semaine prochaine à la Bourse de Paris, les derniers indicateurs en zone euro alimentant les spéculations autour d'une baisse des taux.
La réunion de la Banque centrale européenne (BCE) devrait concentrer l'attention des investisseurs la semaine prochaine à la Bourse de Paris, les derniers indicateurs en zone euro alimentant les spéculations autour d'une baisse des taux. — Jacques Demarthon AFP

Les négociations budgétaires américaines devraient focaliser l'attention la semaine prochaine à la Bourse de Paris, avec des investisseurs peu enclins à se départir de la prudence déjà affichée depuis plusieurs séances.

Sur la semaine écoulée, l'indice parisien a perdu 0,40% pour terminer vendredi à 4.186,77 points. Ses gains depuis le début de l'année atteignent 14,99%.

La place parisienne est «un peu entre deux eaux, en train d'évacuer l'agitation créée par la surprise» du report de la réduction d'achats d'actifs de la Réserve fédérale américaine (Fed) mais sans être «encore dans le cœur de l'inquiétude liée» aux négociations sur la dette américaine, estime Romain Boscher, directeur mondial des gestions actions d'Amundi.

Dans ce contexte, la Bourse de Paris «se dirige probablement vers une semaine à nouveau raisonnablement calme», poursuit-il. Mais, selon lui, «à chaque semaine qui passe le marché va être un peu plus obsédé» par ces négociations. «C'est là que la tension va continuer à se faire sentir» sans pour autant générer de «secousses majeures», avance-t-il.

Même constat pour Mathieu L'Hoir, un stratégiste de Axa IM : «Le marché est un peu dans l'expectative en raison des questions budgétaires américaines», coincé entre «deux dates charnières», à savoir le 1er octobre, qui marque le début de l'exercice budgétaire 2014 et le 17 octobre qui correspond à l'épuisement des mesures exceptionnelles destinées à éviter le défaut de paiement.

«Nul ne veut prendre de position significative»

«Nul ne veut prendre de position significative sur les marchés actions, tant qu’il n’y a pas d’indication sur l’issue» de ces discussions, relève encore dans une note Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets France.

La place parisienne va donc sans doute rester dans sa posture d'«attente avec peut-être des petites poussées de volatilité, mais qui devraient rester contenues» car les investisseurs ont déjà vécu des situations similaires qui ont «chaque fois débouché sur un accord de dernière minute», juge M. L'Hoir.

Il y a «une forme d'accoutumance du marché», note également M. Boscher, «les mêmes événements il y a deux ans produisaient des effet redoutables», alors qu'actuellement les «mouvements sont plus symboliques que significatifs».

Le scenario attentiste qui a prédominé tout au long de la semaine écoulée, avec un indice CAC 40 évoluant le plus souvent autour de l'équilibre, est donc appelé à se répéter la semaine prochaine.

Hormis les rebondissements de la négociation sur la dette, avec une première date-butoir le 30 septembre à 23H59, plusieurs rendez-vous sont inscrits à l'agenda macroéconomiques.

Du côté des indicateurs, les Etats-Unis concentreront encore l'attention avec l'indice ISM de l'activité dans l'industrie américaine en septembre mardi et celui des services jeudi. Plusieurs publications sur l'emploi et le chômage sont aussi prévues, les embauches dans le secteur privé (ADP) mercredi, les chiffres hebdomadaires d'allocations chômage jeudi et surtout vendredi le rapport mensuel sur le chômage et l'emploi en septembre.

En Europe, une réunion de la Banque centrale européenne est au programme mercredi. Elle se tiendra de façon exceptionnelle à Paris, avec une décision sur les taux et une conférence de presse de son président, Mario Draghi.

Il n'y a «pas de grandes nouvelles attendues» de cette réunion, estime toutefois M. Boscher.

«De récents commentaires de responsables de la BCE suggèrent qu'un nouveau prêt à long terme en faveur des banques (LTRO) est peut-être en gestation, mais nous doutons qu'il soit annoncé la semaine prochaine», affirment aussi dans une note les économistes du bancassureur ING.

Les investisseurs vont donc «attendre maintenant que la question budgétaire américaine soit résolue pour se reconcentrer sur l'essentiel, à savoir les politiques monétaires et les données économiques», selon M. L'Hoir.

L'évolution de la politique monétaire américaine reste en effet dans les esprits mais elle s'avère elle aussi hypothéquée par les négociations budgétaires, rendant plus probable une réduction d'achats d'actifs en décembre seulement plutôt qu'en octobre, selon un grand nombre d'analystes.

Au final, il ne s'agira pas d'une «semaine de grosses échéances», et même s'il peut y avoir «un peu d'agitation», de façon plus globale, les marchés «sont très sereins», juge M. Boscher. Et «même si la semaine écoulée a été relativement calme, note-t-il, nous sommes en train de terminer l'un des plus beaux mois boursiers depuis longtemps».

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