Wall Street les yeux rivés vers Washington et la bataille budgétaire

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Après une semaine hésitante sans grandes nouvelles à digérer, la Bourse de New York, revenue de ses derniers records, surveille désormais l'épée de damoclès budgétaire qui menace de s'abattre sur le gouvernement américain.
Après une semaine hésitante sans grandes nouvelles à digérer, la Bourse de New York, revenue de ses derniers records, surveille désormais l'épée de damoclès budgétaire qui menace de s'abattre sur le gouvernement américain. — Spencer Platt Getty Images

Après une semaine hésitante sans grandes nouvelles à digérer, la Bourse de New York, revenue de ses derniers records, surveille désormais l'épée de damoclès budgétaire qui menace de s'abattre sur le gouvernement américain.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice vedette réunissant 30 valeurs de la Bourse de New York, s'est dégonflé de 1,25% pour finir à 15.258,24 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a pour sa part légèrement avancé de 0,18% à 3.781,59 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a reculé de 1,06% à 1.691,75 points.

«Les marchés n'ont pas eu grand chose à se mettre sous la dent cette semaine, sans grand indicateur ou résultats. C'était l'heure de la digestion de la décision de la Fed», souligne Evariste Lefeuvre, chef économiste à Natixis.

La banque centrale américaine avait annoncé la semaine précédente le maintien surprise de ses rachats d'actifs à hauteur de 85 milliards de dollars, faute de reprise économique assez vigoureuse. Cette annonce avaient propulsé les indices à des sommets historiques, érodés depuis à la faveur de quelques prises de bénéfices.

Les investisseurs, qui n'ont pas pour autant exclu qu'une diminution des aides puissent avoir lieu avant la fin de l'année, se montrent désormais réticents à prendre des risques, d'autant qu'«au risque monétaire s'est greffé le risque politique», ajoute M. Lefeuvre.

Ainsi, «tous les yeux seront rivés vers Washington la semaine prochaine», assure Paul Edelstein de IHS Global Insight.

Les élus américains sont en plein bras de fer pour parvenir à un budget de financement de l'Etat à compter du 1er octobre, sans quoi les services publics jugés non essentiels seront contraints de fermer, mettant plusieurs centaines de fonctionnaires au chômage technique, comme en 1995-1996.

Le plafond de la dette comme horizon

«La plupart des intervenants s'attendent à un accord de toute dernière minute», estime Sam Stovall, de Standard & Poor's Capital IQ. «Mais le consensus voulait que la Fed réduise ses aides la semaine dernière, et cela n'a pas été le cas, donc le consensus peut s'avérer à nouveau inexact», dit-il.

«Même si un accord passe, cela ne pourrait valoir que pour jusqu'à la mi-novembre alors que le plafond de la dette devra lui aussi être relevé dans les semaines à venir», ajoute Paul Edelstein.

En effet, c'est la deuxième échéance cruciale qui assombrit l'horizon des marchés: le secrétaire au Trésor américain Jacob Lew a prévenu les élus du Congrès que les mesures exceptionnelles utilisées par le gouvernement pour éviter le défaut de paiement seraient épuisées le 17 octobre, date à laquelle ils devront impérativement s'être mis d'accord pour relever le plafond de la dette.

Un blocage budgétaire, voire un défaut de paiement des Etats-Unis, fait craindre une dégradation de la valeur des actifs américains à Wall Street.

«C'est l'une des deux raisons pour lesquelles on assiste à une progression du marché obligataire, ce qui fait baisser les taux des obligations», explique Paul Edelstein. «C'est un schéma classique de retour aux actifs plus sûrs» en période d'aversion au risque.

L'autre raison est à ses yeux le fait que les marchés s'attendent à ce que la banque centrale américaine ne réduise pas ses rachats d'actifs, dont des bons du Trésor, dès la prochaine réunion de son comité de politique monétaire, fin octobre.

L'institut bancaire dit attendre que la reprise soit vigoureuse pour commencer à retirer ses aides, un jugement qu'elle base notamment sur la situation du marché du travail. A cet égard, «la Fed commme les investisseurs vont surveiller le rapport sur l'emploi et le chômage pour septembre, qui pourrait faire piquer le marché du nez encore un peu plus», note Evariste Lefeuvre.

Ce rapport mensuel sera publié vendredi, et les analystes prévoient entre 150.000 à 180.000 nouvelles embauches, contre 169.000 le mois dernier.

Les marchés seront également attentifs à la publication de l'activité des industries manufacturières aux Etats-Unis (ISM) et aux ventes de véhicules automobiles mardi, ainsi qu'à l'indice d'activité non manufacturière jeudi.

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