Le projet de budget 2014 «responsable et prudent», selon Bruxelles

ECONOMIE La Commission européenne a salué jeudi les grandes lignes du projet de budget dévoilé mercredi par Bercy...

avec AFP

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Le ministère de l'économie à Bercy.
Le ministère de l'économie à Bercy. — A.GELEBART/20 MINUTES

Alors que les critiques fusent dans l’Hexagone, Bruxelles a envoyé jeudi un premier satisfecit à Bercy. «Ce projet de loi de finances est marqué par la responsabilité et la prudence. Les hypothèses de croissance adoptées, même si légèrement supérieures aux nôtres, apparaissent plausibles», a affirmé Olli Rehn, le commissaire en charge des Affaires économiques à Bruxelles.

Le commissaire européen s'exprimait aux côtés du ministre français des Finances, Pierre Moscovici, venu le rencontrer à Bruxelles ce jeudi pour défendre le projet de budget 2014, présenté la veille en Conseil des ministres.
Pour ce qui est du déficit public, celui-ci devrait atteindre 4,1% du PIB en 2013, soit au-delà de la cible de 3,9% fixée par la Commission européenne, a relevé M. Rehn. L'exécutif européen évaluera donc «si l'ajustement structurel réalisé est tout de même conforme» aux recommandations faites au printemps.

En échange d'un délai de deux ans accordé pour ramener son déficit dans les clous européens (sous la barre des 3% de PIB), la Commission européenne avait exigé de la France qu'elle mette en oeuvre des réformes et que son déficit soit à 3,9% en 2013, 3,6% en 2014 et 2,8% en 2015.

Pierre. Moscovici a confirmé que le déficit nominal de la France serait de 3,6% l'an prochain, «avec l'engagement de passer sous les 3% en 2015».

Point sur l'avancée des réformes dans l'hexagone

«Nous partageons la conviction que les réformes ambitieuses accomplies depuis un an doivent être poursuivies et renforcées, pour accroître le potentiel de croissance de l'économie et la compétitivité des entreprises françaises», a-t-il affirmé.
«La poursuite des ces réformes est essentielle pour consolider la reprise et doper la création d'emplois durables», a-t-il renchéri.

La Commission rendra son avis définitif sur le projet de budget français et celui des autres pays de la zone euro le 15 novembre dans le cadre d'une procédure inédite, découlant d'une législation baptisée «two pack». Elle va ainsi pouvoir demander à un Etat de la zone euro de revoir son budget, s'il ne lui convient pas.

Cette nouvelle prérogative fait grincer des dents notamment en France. Sur ce point, M. Rehn s'est voulu rassurant. «Le rôle de la Commission n'est autre que de veiller à ce que les engagements pris par les Etats avec leurs pairs soient tenus», a-t-il affirmé.

«Ce suivi est un gage de crédibilité (...). Les nouvelles règles en place visent à prévenir les dérapages, plutôt qu'à les corriger - car corriger coûte toujours plus cher que prévenir, comme nous l'avons malheureusement appris tout au long de cette crise», a-t-il conclu.