Les banques françaises veulent concurrencer Paypal

ARGENT BNP Paribas, Société générale et La Banque Postale lancent ce mardi leur portefeuille électronique commun...

Céline Boff

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Le stand de Paypal au Mobile World Congress de Barcelone, le 27 février 2013.
Le stand de Paypal au Mobile World Congress de Barcelone, le 27 février 2013. — Manu Fernandez/AP/SIPA

Il s’appelle Paylib, il est français et c’est le dernier né des e-wallets, comprenez des portefeuilles électroniques. Il fait son entrée sur le marché ce mardi et ses créateurs -BNP Paribas, Société générale et La Banque Postale- espèrent bien le voir talonner et même détrôner l’Américain Paypal.

Le combat s’annonce difficile. Avec 7 millions d’utilisateurs en France, Paypal est le leader incontesté du paiement en ligne. Mais «les banques ne pouvaient plus laisser leurs clients se faire capturer par cet acteur du web», analyse Cédric Peltier, manager stratégie chez Kurt Salmon.

Surtout que le marché du e-commerce ne cesse de grossir. En trois ans, les ventes en ligne ont progressé de 80% pour atteindre 45 milliards d’euros en 2012. Et les prévisions sont au beau fixe… Elles devraient dépasser les 70 milliards en 2015, d’après la Fevad, la fédération du secteur. Du coup, le portefeuille électronique, qui permet de régler des achats depuis son ordinateur, sa tablette ou son smartphone sans renseigner son numéro de carte bleue, devrait lui aussi se développer.

23 millions de clients potentiels

Alors que Paypal est accessible à tous, Paylib n’est destiné qu’aux clients des trois banques. Et il ne propose qu’un seul et unique service: le paiement en ligne. Si certains analystes déplorent ce manque d’innovation, Cédric Peltier estime ce positionnement pertinent: «L’offre est du coup très claire pour le client. Maintenant, elle doit être irréprochable».

Potentiellement, les trois banques pourraient convertir au Paylib l’ensemble de leurs clients, soit 23 millions de personnes, et donc surpasser Paypal. Mais il leur faut garder à l’esprit les nombreux échecs dans ce domaine et notamment celui de Kwixo, le portefeuille électronique du Crédit agricole, qui compte seulement 450.000 utilisateurs, deux ans après son lancement.

Paylib va devoir s'étoffer

Pour devancer Paypal, Paylib devra s’étoffer. En termes de services, mais aussi de banques. Les trois fondateurs en sont bien conscients. Ils promettent déjà de prochaines fonctionnalités, comme le coffre-fort numérique ou le paiement à la livraison. Et ils rappellent que «Paylib est une solution ouverte et conçue pour être adoptée par d’autres établissements bancaires», qu’ils soient français ou européens.

Pour Cédric Peltier, Paylib pourrait faire la différence «s’il propose aux commerçants, comme cela a été annoncé, des prix compétitifs, car la solution Paypal reste très chère, notamment pour les petits marchands». Paylib a déjà convaincu huit grands sites, parmi lesquels Voyages-sncf.com, Vente-privée.com ou encore La Poste. Ils proposeront cette solution de paiement entre octobre et mars 2014.

Surtout, Paylib devra convaincre vite, car de nouveaux concurrents arrivent. Comme Mastercard ou encore Visa qui devraient tous deux proposer en fin d’année leurs propres solutions de paiement à distance.

Comment ça marche ?

Pour utiliser Paylib, les clients doivent d’abord activer ce service sur le site Internet de leur banque, en se créant un identifiant et un mot de passe, puis en choisissant la carte bancaire avec laquelle ils souhaitent régler leurs futurs achats. Ces emplettes, qu’ils pourront effectuer depuis leur ordinateur, leur tablette ou leur smartphone, ils les régleront en saisissant un seul code, au lieu du numéro de leur carte bleue.