Heuliez: Montebourg ne veut pas investir dans «des entreprises qui n'ont pas d'avenir»

INDUSTRIE Cette déclaration du ministre du Redressement productif intervient alors qu’une audience décisive doit se tenir lundi devant le tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres) pour examiner d'éventuelles offres de reprise de l'équipementier Heuliez, à l'agonie depuis six ans avec trois dépôts de bilan...

avec AFP

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des salariés d'Heuliez devant le tribunal de commerce de Niort, le 10 avril 2013.
des salariés d'Heuliez devant le tribunal de commerce de Niort, le 10 avril 2013. — NOSSANT/SIPA

L’Etat ne volera pas  une nouvelle fois au secours d’Heuliez. C’est ce qu’a laissé entendre ce lundi matin Arnaud Montebourg. Interrogé sur iTélé sur une éventuelle intervention de l'Etat, le ministre a déclaré: «Ca fait trois fois qu'on a aidé».

«Nous ne sommes pas là pour mettre des ressources rares dans des entreprises qui n'ont pas d'avenir», a-t-il ajouté, soulignant que de l'argent public avait «déjà» été injecté dans l'entreprise.

«Il y en a encore eu dernièrement», a indiqué Arnaud Montebourg.

Problème de carnet de commandes

«Si, chez Heuliez, nous arrivons à trouver des solutions avec des pourvoyeurs d'ordres, des commandes, cela sera très facile. Or, le problème aujourd'hui, c'est que nous n'arrivons pas avec cette entreprise à trouver et garantir un avenir avec des commandes», a-t-il relevé.

Le ministre du Redressement productif a écarté l'option d'une nationalisation, qui avait été évoquée pour les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal de Florange (Moselle), mis à l'arrêt en avril. «Florange était une entreprise qui garantissait de la rentabilité», a fait valoir le ministre.

Soutien de la région Poitou-Charentes

Le Conseil régional de Poitou-Charente a voté, le 13 septembre, en faveur de la création d'une société d'économie mixte (SEM) dont le but sera de soutenir l'entreprise, déjà sauvée par la région en 2009 avec à l'époque une entrée dans le capital à hauteur de cinq millions d'euros et plus tard une avance remboursable de 2,8 millions.

«On n'a pas le droit de laisser tomber Heuliez», a déclaré la présidente du Conseil régional, Ségolène Royal, aux élus. «Seule la région peut maintenir Heuliez à flot en attendant une éventuelle commande. Il y a un contexte transitoire à aménager. Il faut tenir en attendant», a-t-elle dit.