Pôle emploi: Les étranges inégalités entre régions pointées du doigt

CHOMAGE La moyenne de conseillers par région peut varier du simple au double d'une région à l'autre, sans rapport avec le nombre de chômeurs qui y vivent...

avec AFP

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Une agence de pôle emploi à Paris.
Une agence de pôle emploi à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La charge des conseillers Pôle emploi varie du simple au double d'une région à l'autre en France métropolitaine et parfois sans cohérence avec le niveau de chômage régional, selon les calculs effectués par l'AFP confirmant ceux du quotidien Le Monde publiés samedi.

Selon des données publiées vendredi pour la première fois par Pôle emploi, dont l'AFP s'était fait l'écho, 2,3 millions de chômeurs étaient suivis par 20.433 conseillers au 1er septembre, soit en moyenne 116 chômeurs par conseiller. Mais entre régions, départements et communes, les moyens sont très inégalement répartis.

Pôle emploi promet de réagir

Selon les calculs de l'AFP, confirmant ceux du Monde, cette moyenne peut varier du simple au double d'une région à l'autre. Ainsi, quand un conseiller suit 66 chômeurs en Corse, celui du Limousin en a 130. Pire, celui de Picardie, où le chômage est supérieur de deux points à la moyenne métropolitaine, en a 150 dans son portefeuille. En Basse-Normandie, moins touchée par le chômage, un conseiller gère en moyenne 90 chômeurs.

Les inégalités se creusent encore si l'on compare les régions métropolitaines à l'Outre-mer. A La Réunion, un conseiller a en moyenne la charge de 222 demandeurs d'emploi, indique l'addition des données fournies par Pôle emploi pour 948 agences réparties en métropole, Guyane et Réunion (Guadeloupe et Martinique n'ont pas été communiqués).

Entre agences, les différences peuvent être aussi très sensibles, notamment en Ile-de-France. L'écart va par exemple du simple au triple entre l'agence Vaugirard, dans le 15e arrondissement à Paris (portefeuille moyen: 59 personnes) et celle de Saint-Denis Stade de France, où un conseiller a la responsabilité de 187 personnes. Pôle emploi ne nie pas "les écarts entre sites", "ces situations appellent des actions correctrices", a reconnu vendredi l'opérateur.

Pôle emploi obligé de fournir ces données

Les "agences ayant les portefeuilles les plus importants ont été privilégiées dans la répartition des renforts" annoncés en mars par le Premier ministre (2.000 CDI en cours de déploiement) "dans l'objectif de corriger les écarts de ressources entre régions", précise Pôle emploi. Pôle emploi rappelle que le nouvel accompagnement mis en place depuis début 2013, différencié selon les besoins des chômeurs, est désormais "souple pour répondre au mieux aux besoins identifiés localement".

Selon le mode d'accompagnement, plus ou moins intense décidé pour chaque demandeur d'emploi ("renforcé", "suivi" ou "guidé"), un conseiller a en moyenne entre 45 et 182 chômeurs dans son "portefeuille" mais "la part relative des différentes modalités varie d'une agence à l'autre", souligne Pôle emploi.

Le Monde réclamait à l'opérateur les données par agence depuis plusieurs mois. En juillet, la Commission d'accès aux documents administratifs (Cada) lui avait donné raison et ordonné à l'opérateur de les communiquer. Ces chiffres seront mis à jour deux fois par an, promet désormais Pôle emploi.