Entre Fed et débat budgétaire, séances agitées pour Wall Street

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Wall Street s'est repliée mardi, les investisseurs engrangeant des bénéfices après l'ascension des actions réalisée ces derniers jours au fil des résultats d'entreprises: le Dow Jones a fléchi de 0,35% et le Nasdaq de 0,57%.
Wall Street s'est repliée mardi, les investisseurs engrangeant des bénéfices après l'ascension des actions réalisée ces derniers jours au fil des résultats d'entreprises: le Dow Jones a fléchi de 0,35% et le Nasdaq de 0,57%. — Spencer Platt Getty Images

Wall Street, qui flirte de nouveau avec ses sommets historiques, se prépare à des séances agitées entre pléthore d'indicateurs, nouvelles spéculations sur la banque centrale américaine et le retour des discordes sur le budget des Etats-Unis.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice vedette réunissant 30 valeurs de la Bourse de New York, s'est apprécié de 0,49% pour finir à 15.451,09 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, s'est pour sa part adjugé 1,41% à 3.774,73 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a progressé de 1,30% à 1.709,91 points.

Les investisseurs avaient les yeux rivés sur la banque centrale américaine (Fed), anticipant un léger durcissement de la politique monétaire du pays. Et «le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ont été surpris», souligne Art Hogan, de Lazard Capital Markets.

La Réserve fédérale a en effet annoncé qu'elle maintenait en l'état son programme de soutien à l'économie, particulièrement généreux pour les marchés. Dans la foulée le Dow Jones et le S&P 500 ont battu de nouveaux records.

«Parfois le marché réagit un peu trop fort un peu trop vite et la semaine prochaine, on gardera à l'esprit qu'on va devoir rendre un peu de tout cet argent», remarque M. Hogan.

«Mais surtout, tout le monde se demande à nouveau quand la Fed va ralentir son aide», ajoute-t-il. «On va donc rester très attentif à tous les indicateurs, car maintenant on sait que ses membres prennent leurs décisions vraiment en fonction des données économiques et pas seulement parce que cela semble être le bon moment», note le spécialiste.

Le calendrier est à cet égard chargé, entre des indicateurs sur les prix des logements ou la confiance des consommateurs mardi, les chiffres sur les commandes de biens durables ou les ventes de logements neufs mercredi, l'estimation finale du Produit intérieur brut du 2e trimestre jeudi ou des données sur les revenus et dépenses des ménages vendredi.

Le marché sera aussi à l'affût de tout indice dans les nombreux discours que doivent prononcer divers responsables de la Fed au cours des prochains jours.

Pour le gestionnaire de portefeuille indépendant Hugh Johnson, le débat sur les intentions de la banque centrale s'intensifiera encore plus la semaine suivante, quand seront diffusés les premiers indicateurs sur l'état de l'économie américaine en septembre, et notamment le rapport mensuel sur l'emploi.

Wall Street sera aussi sensible à une de ses hantises: les débats acrimonieux et sans fin sur le budget et le plafond de la dette des Etats-Unis.

«Observer Washington se quereller semble être devenu un des passe-temps les plus courants à Wall Street. Il a déjà été prouvé que le marché n'aime pas ça; il n'aime pas l'incertitude, et il aime encore moins l'idée d'une fermeture partielle des services publics» qui interviendrait si les élus ne parviennent pas à se mettre d'accord d'ici le 1er octobre, relève Art Hogan.

Les investisseurs se demandent par ailleurs sur quoi vont déboucher les élections législatives de dimanche en Allemagne, première puissance économique de la zone euro.

«La question n'est pas de savoir si (la chancelière Angela) Merkel est réélue, mais quelle genre de coalition va être mise en place», note Art Hogan. «Cela peut avoir de l'importance au moment où on a l'impression que la région parvient enfin à sortir du marasme économique et si un pays comme la Grèce a de nouveau besoin de l'aide de la zone euro», ajoute-t-il.

Face à toutes ces incertitudes, le marché «va probablement faire preuve de beaucoup de volatilité» au cours des prochaines séances, avance Hugh Johnson. Il a, selon lui, plus de chances d'être déçu qu'encouragé.

Mais «on a abordé le mois de septembre avec l'idée qu'on avait de nombreux obstacles à franchir», comme la menace d'une guerre en Syrie ou de l'élection de Larry Summers à la tête de la Fed, rappelle Art Hogan. «Et jusqu'à présent, on s'en est plutôt bien tiré.»

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