Rentrée étudiante 2013: La santé sacrifiée sur l’autel des dépenses?

Bertrand de Volontat

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Enseigne et logo de la LMDE (La Mutuelle Des   Etudiants), rue Linne, dans     le 5eme Arrondissement  de Paris.
Enseigne et logo de la LMDE (La Mutuelle Des Etudiants), rue Linne, dans le 5eme Arrondissement de Paris. — NEGROTTO VIVIANE/SIPA

La santé étudiante, ce vaste chantier. Chaque année, environ 1,7 million d’étudiants sont tenus de s’affilier à une mutuelle étudiante (Smerep ou LMDE) pour se faire rembourser leurs soins par la Sécurité sociale. Ces frais obligatoires s’élèvent cette année à 211 euros, soit 1,93% de plus que l'an dernier, sauf si l’anniversaire de vos 20 ans tombe pendant l’année universitaire à venir ou si vous êtes boursier. Ils peuvent ensuite opter pour une couverture complémentaire. Problème, la santé est le premier poste de dépenses à souffrir de la perte de budget des étudiants.

Le problème actuel. En raison de ce coût, un tiers des étudiants renonce chaque année aux soins médicaux (dentaires, ophtalmologiques, gynécologiques) selon l’Unef. En tout, 19% des étudiants n’ont pas de complémentaire santé et leur panier de soin s’alourdit en conséquence. Le reste à charge santé représente 23% du coût de la dépense pour un étudiant sans complémentaire. Et selon la Smerep, 60% des étudiants pratiquent l’automédication.

Pour palier ce problème, le gouvernement réfléchit à une dispense d’avance de frais. L’Unef réclame au gouvernement la création d’un chèque santé national pour permettre aux étudiants de souscrire à une complémentaire santé. La ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso a annoncé la création de trente campus santé dans les universités, dont 24 cette rentrée.

Quelle complémentaire santé choisir. Jusqu’à leurs 21 ans, les étudiants peuvent rester couverts par la mutuelle de leurs parents. Ensuite, le prix d’une complémentaire santé est de 274,5 euros par an en moyenne, au lieu de 237 euros l’an passé, précise la Fage, la Fédération des Associations Générales Etudiantes. Pourtant, les mutuelles étudiantes se sont fait épingler cet été par la Cour des comptes en raison notamment de leurs prix trop élevés et de dysfonctionnements. Déjà l’an dernier, l'UFC-Que Choisir critiquait leur fonctionnement opaque. La Fage dans son enquête annuelle souligne même que les complémentaires santés étudiantes ne sont pas plus avantageuses en termes de prix et de prestations que d’autres mutuelles générales. Si vous avez des difficultés financières, renseignez-vous sur la CMU (Couverture maladie universelle), qui permet aux plus défavorisés de bénéficier gratuitement d’une mutuelle, conseille letudiant.fr.

Les garanties à regarder en premier lieu, sont les frais médicaux et d'hospitalisation, ainsi que ceux d'optique. Pour les filles, le remboursement des contraceptifs non pris en charge par la Sécurité sociale peut être un autre critère décisif. Des comparateurs de mutuelles vous aident à bien choisir en fonction de vos besoins.

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