Procès de Wendel devant le tribunal de commerce de Nanterre

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Le procès de la société d'investissement Wendel et de trois de ses anciens dirigeants dont Ernest-Antoine Seillière, qui se voient réclamer 9,2 millions d'euros par l'ancien directeur juridique du groupe, se tient mercredi devant le tribunal de commerce de Nanterre.
Le procès de la société d'investissement Wendel et de trois de ses anciens dirigeants dont Ernest-Antoine Seillière, qui se voient réclamer 9,2 millions d'euros par l'ancien directeur juridique du groupe, se tient mercredi devant le tribunal de commerce de Nanterre. — Eric Piermont AFP

Le procès de la société d'investissement Wendel et de trois de ses anciens dirigeants dont Ernest-Antoine Seillière, qui se voient réclamer 9,2 millions d'euros par l'ancien directeur juridique du groupe, se tient mercredi devant le tribunal de commerce de Nanterre.

Arnaud Desclèves demande à ses anciens patrons d'être remboursé des pertes qu'il dit avoir subies à cause d'un montage financier très complexe mis en place par la société en 2004.

Ce programme d'intéressement visait à permettre à trois dirigeants --dont l'ancien patron des patrons, le baron Seillière-- et à onze cadres haut placés de se porter acquéreurs de titres de la société dans des conditions avantageuses.

Au final, M. Seillière, ancien président du conseil de surveillance, Jean-Bernard Lafonta, ex-président du directoire, et Bernard Gautier, actuel membre du directoire, «ont réalisé au moins des profits respectifs de 32, 59 et 1,5 millions d'euros grâce à cette opération», estime Me Alexandre Merveille, l'un des conseils de M. Desclèves.

Ce dernier, directeur juridique du groupe de 2002 à 2009, «a, au contraire, perdu 2,8 millions d'euros et fait l'objet d'un redressement fiscal de 6,4 millions dans ce dossier, sommes que nous réclamons aujourd'hui», ajoute-t-il.

M. Desclèves, licencié en 2009 par Wendel, reproche à ses anciens patrons de l'avoir contraint à conserver ses titres pendant que le cours de l'action s'effondrait avec la crise financière, passant de 140 euros en juillet 2007 à environ 30 euros en novembre 2008, date à laquelle il a cédé ses titres.

Les trois responsables se seraient pour leur part préalablement débarrassés de plusieurs millions d'actions, selon lui.

La société d'investissement assure, de son côté, que M. Desclèves a participé à la mise en place du montage et était libre de céder ses titres quand il le voulait, selon des pièces versées au dossier et dont l'AFP a obtenu copie. Il ne devrait donc ses pertes qu'à ses choix d'investissement personnels.

Ce sulfureux montage financier fait l'objet de plusieurs procédures devant la justice. Une enquête pénale a notamment été ouverte pour fraude fiscale à la suite d'une série de plaintes du fisc qui a par ailleurs notifié fin 2010 un lourd redressement de 240 millions aux 14 personnes concernées par l'opération.

L'audience devant le tribunal de commerce est prévue mercredi à 14H30.