Quatre ouvriers de Goodyear jugés pour «violences aggravées» sur des CRS

Vincent Vantighem

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Plusieurs centaines de salariés Goodyear s'étaient rassemblés devant le siège de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)
Plusieurs centaines de salariés Goodyear s'étaient rassemblés devant le siège de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) — Remy de la Mauviniere/AP/SIPA

«Je ne peux pas admettre que des CRS reçoivent des grilles, des coups ou des parpaings. Il ne peut pas y avoir de violences», avait déclaré Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, à l’issue de la manifestation. Quatre ouvriers de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord (Somme) doivent être jugés, ce lundi après-midi, au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour «violences aggravées sur personnes dépositaires de l’autorité publique».

Le 7 mars, ils avaient participé à une manifestation qui avait dégénéré, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), devant le siège américain du fabricant de pneus. Alors qu’ils protestaient contre le projet de fermeture du site qui menace 1.173 emplois directs, les manifestants auraient envoyé sur les forces de l’ordre une pluie de projectiles: bouteilles de verre, grilles d’égout en fonte et panneaux de signalisation déchaussés. Dix-neuf CRS avaient été blessés lors de cette journée mouvementée. Six d’entre eux avaient même dû être hospitalisés.

>> Vidéo: Retrouvez les affrontements du 7 mars

«Il y a eu des violences des deux côtés»

Renvoyés pour «violences aggravées», les quatre manifestants encourent trois ans de prison et 45.000 euros d’amende. Contactée par 20 Minutes dimanche, leur avocate Delphine Meillet affirme, d’ores et déjà, qu’elle va demander le renvoi du procès, n’ayant pas eu «le temps d’étudier l’ensemble des pièces».

Le tribunal pouvant refuser cette demande de renvoi, l’avocate a, tout de même, déjà défini sa ligne de défense. «Ce jour-là, il y a eu des violences des deux côtés, assure-t-elle. Effectivement, certains agents de police ont été blessés. Mais, que ce soit sur les photographies prises ou les enregistrements vidéo, rien ne prouve que ce sont mes clients qui ont commis ces violences Nous allons contester les faits…»

Eva Joly avait pris leur défense sur Twitter

Considérée comme l’une des plus violentes de ces dernières années, la manifestation du 7 mars avait divisé la classe politique. Alors que Manuel Valls s’était insurgé contre les manifestants, l’ancienne candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly avait pris leur défense sur Twitter: «Ca fait mal de voir un gouvernement de gauche utiliser des lacrymogènes sur des ouvriers».

 

 

En 2010, Xavier Matthieu, leader syndical des ouvriers en lutte de l’usine Continental de Clairoix (Oise), avait été condamné à 4.000 euros d’amende avec sursis pour avoir participé au saccage de la sous-préfecture de Compiègne avec plusieurs camarades.