Le groupe Lagardère prêt à désarmer

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L’épreuve du feu. Successeur désigné de son père Jean-Luc, décédé vendredi à l’âge de 75 ans, Arnaud Lagardère présentera lui-même, ce matin, les résultats du groupe pour 2002. Avant de déterminer la nouvelle stratégie d’un empire s’étendant de la presse à l’armement. L’ingénieur Jean-Luc Lagardère avait fait ses armes chez Dassault, dans les années 60, avant de bâtir son groupe autour de Matra, à l’époque petit producteur de roquettes et satellites. Et s’il s’est progressivement orienté vers des activités civiles, jusqu’à devenir un magnat des médias et un géant de l’édition, il a tenu à faire de son empire l’un des piliers de l’industrie française de l’armement. Lagardère est ainsi l’actionnaire de référence de l’européen Eads, numéro deux mondial de l’aéronautique et de la défense avec Airbus, Ariane ou Eurocopter. Jean-Luc Lagardère avait assuré qu’il ne céderait pas cette position avant 2007 au plus tôt. Mais son fils pourrait en décider autrement. Sous l’impulsion de son nouveau patron, le groupe devrait en effet se recentrer sur les médias. Il vient déjà d’abandonner ses activités historiques dans l’automobile. Le principal objectif que se fixe Arnaud Lagardère : s’imposer dans la télévision. En 1987, Lagardère s’était vu souffler TF1, tout juste privatisée, par Bouygues. Et cinq ans plus tard, La Cinq avait failli entraîner le groupe dans sa chute. Après s’être fait la main en lançant Match TV, le fils est désormais prêt à venger son père.

chiffres En 2002, Lagardère a réalisé un chiffre d’affaires de 13,2 milliards d’euros. Dont plus de 8 milliards pour sa seule branche médias, propriétaire, dans 35 pays, notamment de 222 titres, 3 600 magasins et 40 maisons d’édition.