L’iPhone low-cost d’Apple l'aidera-t-il à dépasser Samsung?

HIGH-TECH Le géant de l'informatique Apple pourrait dévoiler un modèle à bas prix lors d’une keynote en Californie ce mardi…

Bertrand de Volontat

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Des jeunes testent l'iPhone5 lors de sa sortie à Paris
Des jeunes testent l'iPhone5 lors de sa sortie à Paris — PRM/SIPA

Décidément, Apple peine à se débarrasser du fantôme de Steve Jobs. Deux ans après la mort de son fondateur mythique, la firme à la pomme se cherche toujours un avenir, concurrencée par son grand rival Samsung, qui fait désormais la course en tête sur le segment lucratif des ventes de smartphones. Une situation irréversible? Ce mardi, Apple dégaine, lors d'une keynote à Cupertino en Californie, coup sur coup deux successeurs de l’iPhone 5, dont un iPhone 5S quasi-similaire et surtout un modèle à bas prix, le 5C, avec pour ambition de reprendre sa place de leader.

L’iPhone, fer de lance de la marque à la pomme, est en phase de décélération avec 31,2 millions d’unités vendues au second trimestre 2013, contre 37,4 millions au premier dans le monde. Il fait face aux modèles moins coûteux mais aussi efficaces opérant avec Android, le logiciel d'exploitation de Google qui équipe les smartphones de Samsung notamment. Des modèles qui font fureur dans les pays émergents à forte croissance, tandis qu’Apple reste leader sur des marchés plus matures comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Un téléphone low-cost, la vraie rupture

Le lancement d'un modèle à bas prix marque une rupture pour la marque à la pomme, parfois jugée élitiste, qui détournerait une partie de son attention du haut-de-gamme, l’offre y étant saturée. Le prix du terminal seul devrait venir se loger sous les 400 euros. «Un modèle trop haut-de-gamme prive aujourd’hui la marque de clients, contrairement à Android, qui propose différents modèles accessibles à tous», analyse Jean-Marc Huet, directeur associé du cabinet BearingPoint. Ce produit, contrairement à l’iPhone 5S, qui vise à concurrencer le succès du Galaxy 4S de Samsung, permettrait à Apple de toucher un nouveau public.

D’autant que d’après une étude d’ABI Research, les low-costs devraient représenter 44% des ventes globales de smartphones en 2018. Apple aurait d’ailleurs signé un partenariat avec China Mobile, le plus gros opérateur de Chine, pour vendre son téléphone d’entrée de gamme au pays du Soleil-Levant. L’annonce devrait avoir lieu quelques heures après la keynote.

Apple restera derrière Samsung

L’enjeu d’Apple est celui du triangle d’incompatibilité: être une marque forte, réussir à maintenir ses produits à une valeur élevée et continuer à grossir et toucher de nouvelles couches de populations. C’est tout l’enjeu de l’iPhone low-cost, qui devrait inonder les marchés asiatiques et africains, mais aussi séduire dans les prochains mois les ménages occidentaux, qui renâclaient à débourser autour de 700 euros pour un iPhone 5. «Rendre ses produits accessibles est au final une forme d’innovation», poursuit Jean-Marc Huet.

Toutefois, pour Camille Gruhier, experte en produits high-tech de l’association UFC-Que Choisir, malgré l’arrivée de nouveaux produits, «il sera impossible pour Apple de dépasser Samsung, qui restera devant en termes de volumes». La part de marché mondiale du groupe américain est de 20% contre 30% pour son homologue sud-coréen. La firme de Cupertino devra donc attendre une prochaine génération de smartphones avant d'envisager combler son retard.