L'industrie du porno a-t-elle plombé les chiffres du chômage aux Etats-Unis ?

ECONOMIE Le débat fait rage entre économistes...

Audrey Chauvet

— 

Sur le tournage d'un film pornographique à Berlin, en février 2004
Sur le tournage d'un film pornographique à Berlin, en février 2004 — GEILERT/SIPA

Lorsque les économistes ne s’écharpent pas sur les options sur swaps de taux ou sur le refinancement interbancaire, ils s’intéressent au porno. Officiellement, à l’impact de l’industrie pornographique sur les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis.

L’arrêt du porno responsable de la débandade économique?

Début septembre, le Washington Post lançait un pavé dans le marasme économique: et si la chute du nombre d’emplois du mois d’août était liée à l’arrêt de la production cinématographique X durant une semaine, après la découverte de la séropositivité de l’actrice Cameron Bay? Cet arrêt brutal du porno aurait mis au chômage plus de 22.000 personnes dans les studios. Il n’en fallait pas plus au journaliste économique Jim Tankersley pour spéculer sur un rapport entre arrêt de l’activité pornographique et débandade économique.

Mais les économistes purs et durs ont vite rectifié le tir. Ainsi, le magazine Business Insider précise que les emplois perdus entre le 21 et le 27 août, la semaine pendant laquelle les acteurs de films X ont tous subi des tests de VIH, n’ont pas été comptabilisés dans les statistiques du chômage d’août, qui considèrent comme «employé» toute personne étant en poste pendant une période incluant le 12 août. L’arrêt du travail dans l’industrie du X n’est donc pas à l’origine de la chute de la courbe de l’emploi.