Les frères Koch rachètent Molex pour 7,2 milliards de dollars

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Le fabricant de composants électroniques américain Molex, connu en France pour la bataille de ses ex-salariés contre leurs conditions de licenciement, annonce son rachat pour 7,2 milliards de dollars par les frères Koch, milliardaires républicains anti-Obama.
Le fabricant de composants électroniques américain Molex, connu en France pour la bataille de ses ex-salariés contre leurs conditions de licenciement, annonce son rachat pour 7,2 milliards de dollars par les frères Koch, milliardaires républicains anti-Obama. — Chip Somodevilla Getty images

Le fabricant de composants électroniques américain Molex, connu en France pour la bataille de ses ex-salariés contre leurs conditions de licenciement, annonce son rachat pour 7,2 milliards de dollars par les frères Koch, milliardaires républicains anti-Obama.

A la clôture de la transaction, Molex, l'un des fournisseurs d'Apple, va devenir une filiale de Koch Industries et restera dirigée par son équipe actuelle.

Le groupe, dont le siège restera à Lisle dans l'Illinois (nord des Etats-Unis), fabrique des composants électroniques, électriques, de la fibre optique pour l'aérospatiale, la défense, l'automobile, l'électronique grand public ou les télécommunications. Il compte 41 sites de production dans 15 pays.

Molex est surtout connu en France pour le combat de 283 anciens salariés de son usine française, licenciés en 2009, qui bataillent depuis des années contre leur ex-maison mère. Ils ont obtenu en appel la reconnaissance de sa responsabilité dans la liquidation de l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) et comptent désormais réclamer 22 millions d'euros de dommages et intérêts.

L'intersyndicale de Molex France avait toujours contesté la justification économique de la fermeture, soulignant que l'usine était viable. Elle avait réussi à repousser sa fermeture pendant un an d'octobre 2008 à octobre 2009 avec l'appui de nombreux élus locaux et même du ministre de l'Industrie de l'époque Christian Estrosi (UMP), qui avait qualifié les dirigeants américains de Molex de «patron voyou».

Une décision difficile

“Après 75 ans d'existence, cela a été une décision difficile à prendre, mais notre conseil d'administration pense que cette transaction (...) offre des bénéfices substantiels à toutes les parties prenantes«, à savoir les actionnaires et les employés, »dont beaucoup ont passé l'essentiel de leur carrière chez Molex et sont derrière le succès de long terme de l'entreprise«, a commenté le PDG de Molex Fred Krehbiel.

Comme ses concurrents Delphi ou taïwanais Hon Hai Precision Industry, Molex a fait l'objet ces dernières années de fortes pressions sur ses prix et ses marges, notamment de la part de ses clients d'informatique grand public et automobile.

Charles Koch, PDG de Koch Industries, considère Molex comme “une acquisition attrayante qui correspond bien à notre culture et nos capacités» et «nous offre une nouvelle plateforme de croissance», explique-t-il dans le communiqué.

Les frères Koch vont débourser 38,50 dollars par action en numéraire pour Molex, qui intègrera leur holding et sera retirée de la cote.

L'action de Molex s'envolait de 31,39% à 38,55 dollars à la mi-séance.

«Nous pensons que cette transaction illustre l'attractivité de l'industrie de la connectique et (..) qu'elle va donner un environnement de prix plus stable dans ce secteur», a commenté la banque RBC Capital Markets dans une note.

Selon Forbes, Koch Industries est la deuxième plus grosse entreprise non cotée aux Etats-Unis derrière le groupe agro-alimentaire Cargill, avec un chiffre d'affaires d'environ 98 milliards de dollars.

Charles et David Koch, outre leur empire industriel (raffinage, produits chimiques, oléoduc, engrais, Lycra, papier toilette ...) sont largement connus aux Etats-Unis pour leurs activités politiques en faveur des Républicains et contre l'administration Obama.

Ils utilisent leur fortune pour faire la promotion de la réduction du rôle de l'Etat fédéral, la baisse des impôts et l'allègement des réglementations.

Ils combattent notamment l'idée même du réchauffement climatique, ce qui en fait une des bêtes noires de l'association Greenpeace.

Ils investissent par ailleurs à travers la Fondation David Koch dans la lutte contre le cancer et dans de nombreux institutions artistiques (American Ballet Theatre, New York City Ballet, Lincoln Center, MoMA, American Museum of Natural History, etc.

La transaction a été déjà approuvée à la fois par les conseils d'administration de Molex et de Koch Industries et par des investisseurs représentant au total 32% de la société, notamment des dirigeants de la société et des membres de la famille Krehbiel, qui contrôle Molex.