Kem One: Semaine important pour l'avenir des salariés

SOCIAL Ce lundi expire la date-butoir fixée par le tribunal de commerce de Lyon pour la remise des offres...

B. de V. avec AFP

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Les candidats à la reprise de Kem One, l'ex-pôle vinylique d'Arkema dont une partie est en redressement judiciaire depuis mars, ont obtenu un "délai supplémentaire" pour formaliser une offre, a-t-on appris lundi de la préfecture du Rhône.
Les candidats à la reprise de Kem One, l'ex-pôle vinylique d'Arkema dont une partie est en redressement judiciaire depuis mars, ont obtenu un "délai supplémentaire" pour formaliser une offre, a-t-on appris lundi de la préfecture du Rhône. — Boris Horvat AFP

Un symbole de l'industrie française déclinante dans la dernière ligne droite. Les 1.300 salariés de Kem One (ex-pôle vinylique d'Arkema) concernés par la procédure de redressement judiciaire en cours depuis le 27 mars devraient connaître, cette semaine, les noms et les intentions de leurs éventuels repreneurs.

Ce lundi expire la date-butoir fixée par le tribunal de commerce de Lyon pour la remise des offres à l'administrateur judiciaire Me Bruno Sapin, et celles-ci doivent être présentées mardi aux représentants du personnel lors d'un comité central d'entreprise à Saint-Fons (Rhône).

L'aval pour un euro

Le 26 septembre devrait intervenir la décision finale, lors d'une audience du tribunal de commerce de Lyon destinée à choisir -ou non- un repreneur. Lors d'une précédente audience en juillet, le tribunal avait donné deux mois supplémentaires aux candidats à la reprise pour déposer des offres «consolidées» auprès de l'administrateur judiciaire.

Huit s'étaient alors montrés intéressés par les activités (production de PVC en amont, fabrication de profilés en aval) qu'Arkema avaient cédées en 2012, pour un euro, au financier américain Gary Klesch. Seul l'amont est en redressement judiciaire, mais la direction de Kem One s'est engagée devant le tribunal à céder l'aval pour un euro en cas d'offre de reprise globale, comme le préfet du Rhône Jean-François Carenco l'a fermement rappelé jeudi en menaçant Gary Klesch de poursuites s'il ne tenait pas parole.

Deux repreneurs sur huit

Selon la préfecture du Rhône, sur leshuit repreneurs qui avaient manifesté leur intérêt pour le groupe chimique, il n’y en aurait plus que deux encore en course aujourd’hui: le fonds d'investissement Sun Capital Partners et le groupement d'industriels Open Gate Capital, qui ont été reçus il y a quelques jours au ministère du Redressement productif.

Selon le préfet du Rhône, les ultimes négociations se sont faites avec les gros fournisseurs de Kem One en énergie et en matières premières (Total, EDF, Arkema notamment), de grosses baisses de coûts étant nécessaires pour parvenir aux exigences des repreneurs qui visent un excédent brut d'exploitation de 40 millions d'euros, alors que le résultat de Kem One perd actuellement 70-80 millions.

La CGT pour une Scop?

La CGT, premier syndicat du personnel qui s'oppose à une nouvelle reprise du groupe par des financiers, a quant à elle déposé une proposition industrielle préservant l'intégrité du groupe et s'appuyant sur un consortium réunissant les partenaires économiques de Kem One, avec la participation de l'Etat et des collectivités publiques.

Compte tenu de la complexité et du caractère sensible du dossier, dont l'issue pourrait avoir des conséquences sur l'emploi de toute la filière chimique nationale, plusieurs protagonistes n'excluent pas une nouvelle prolongation de la période d'observation.