Impôts: Ce que vous allez payer en plus en 2014

Mathieu Bruckmüller

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Le ministère de l'économie à Bercy.
Le ministère de l'économie à Bercy. — JPDN/SIPA

A l’approche de la présentation du projet de Budget pour 2014 en conseil des ministres le 25 septembre, l’exécutif multiplie les prises de paroles pour rassurer les Français sur le niveau des impôts qu’ils devront payer l’an prochain.

Deux à quatre milliards d’impôts en plus

Sensible au ras-le-bol fiscal ambiant, le ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve, a annoncé jeudi qu’il comprendrait «beaucoup moins de six milliards» d'impôts nouveaux», attendus jusqu'alors. L’addition devrait être comprise entre deux et quatre milliards d’euros de plus. Mais elle s’ajoute à une flopée de taxes annoncée dès la fin 2012, dont l’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier. Petit inventaire de ce qui vous attend.

Au rayon bonne nouvelle, l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu sera rétablie en 2014. Cette décision va permettre à 12 millions de contribuables de ne plus payer d’impôts par le seul jeu de l'inflation, soit une économie supérieure à un milliard d’euros. Un surcoût compensé par l’intensification de la lutte contre la fraude fiscale dont le manque à gagner frôle les 80 milliards d’euros par an. Le ministre du Budget espère récolter deux milliards d’euros de plus.

Les niches fiscales dans le viseur

Bercy s’attaque aussi aux niches fiscales qui entraînent une baisse des rentrées fiscales de 70,8 milliards d’euros rien que pour 2013. Pour la banque Natixis, il est possible de réduire leur coût de 20 milliards d’euros sans effets dommageables sur l’économie.

Une fois encore, l’exécutif devrait reconduire le plafonnement par ménage à 10.000 euros (au lieu de 18.000 euros en 2012 et 4% du revenu imposable), hors outre-mer et culture. De son côté, la baisse du quotient familial à 1.500 euros coûtera en moyenne 64 euros par mois à 1,3 million de foyers. Gain pour l’Etat: un milliard d’euros.

La réforme de la politique familiale dévoilée en juin prévoit aussi pour les plus hauts revenus de diviser par deux la prestation d'accueil du jeune enfant, 184,2 euros aujourd’hui pour l’allocation de base, et de supprimer l’indemnité perçue en cas de congé parental.

Et après avoir prévu d’en finir avec les réductions d’impôts accordées aux foyers dont les enfants sont au collège et au lycée, la mesure pourrait être étendue aux étudiants pour un gain de 500 millions d’euros. «Cette mesure, limitée aux foyers imposables, va particulièrement toucher la classe moyenne. Par exemple: une famille de trois enfants avec un étudiant en faculté et deux lycéens va voir ses impôts augmentés de 489 euros l'an prochain!», dénonce la CFE-CGC.

Hausse de la TVA

Mais les ménages devront aussi financer les 20 milliards d’euros de baisse du coût du travail prévus pour doper la compétitivité des entreprises. Les taux de TVA de 7% et de 19,6% vont passer à 10% et 20% au 1er janvier prochain contre une baisse à 5% du taux réduit de TVA, aujourd’hui à 5,5%, sur les produits de première nécessité. De quoi faire rentrer selon les calculs de Bercy six milliards d’euros de plus dans les caisses de l’Etat.

Par ailleurs, la réforme des retraites votée par le Parlement d’ici la fin de l’année prévoit pour les actifs une hausse des cotisations retraites l’an prochain soit  2,15 euros par mois de moins pour un salarié rémunéré au SMIC. Quant aux retraités, la fiscalisation de la majoration de 10% des pensions des parents de trois enfants et plus va représenter une hausse d’impôt de 26 euros par mois (315 euros par an) pour une pension mensuelle de 1.700 euros, selon Maximis Retraites.