G20: Mais qui sont les Brics?

ECONOMIE Les pays émergents des Brics se réunissent jeudi à l'ouverture du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg...

avec AFP

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Vladimir Poutine redevient président de la Russie pour six ans
Vladimir Poutine redevient président de la Russie pour six ans — Dmitry Astakhov/AP/SIPA

Les pays émergents des Brics (Chine, Brésil, Russie, Inde, Afrique du sud) se réunissent jeudi à l'ouverture du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg. L’occasion de faire le point sur ces Etats qui représentent 25% du produit intérieur brut (PIB) mondial et 40% de la population du globe.

>>La Chine

Après avoir enregistré en 2012 sa plus faible croissance économique depuis 13 ans (+7,7%), la deuxième économie mondiale -derrière les Etats-Unis- a encore vu sa croissance sensiblement ralentir au premier semestre 2013 pour tomber à 7,5% au 2e trimestre. Fin août, l'annonce d'une production industrielle plus forte qu'attendu en juillet, accompagnant une stabilisation de l'inflation et un net rebond des échanges commerciaux ont atténué les inquiétudes sur l'essoufflement de l'économie.

Mi-juillet, les autorités ont introduit des mesures destinées à stimuler l'activité économique du pays le plus peuplé du monde (1,35 milliard d'habitants).

>>Le Brésil

La première économie d'Amérique du Sud et septième puissance mondiale a connu un coup d'arrêt en 2012 et la croissance du PIB a atteint 0,9% contre 2,7% en 2011 et 7,5% en 2010. Son PIB s'élève à 2.252 milliards de dollars (2012). Le Brésil, peuplé de 196 millions d'habitants, tourne actuellement au ralenti. Le pays a vu en juillet ses perspectives économiques amputées radicalement par le FMI: une croissance de 2,5% cette année et 3,2% en 2014, soit un recul de -0,5 et -0,8 point par rapport à l'estimation précédente d'avril.

En juin, quand le pays a été secoué par une fronde sociale sans précédent contre la hausse des transports, pour l'amélioration des services publics et la fin de la corruption en politique, la hausse des prix a atteint 6,7% sur un an, au-dessus du taux de tolérance maximum fixé par le gouvernement à 6,5%. La Banque centrale a relevé à plusieurs reprises son taux d'intérêt directeur pour tenter de freiner l'inflation. Le réal brésilien s'est déprécié de 15% face au dollar depuis le début de l'année, atteignant récemment son plus bas niveau depuis décembre 2008.

>>La Russie

Habituée dans les années précédant la crise de 2008 à une croissance annuelle de 7% à 8%, la huitième puissance mondiale peuplée de 142 millions d'habitants a enregistré en 2012 une croissance de 3,4%. L'activité a encore ralenti en début d'année en raison de la crise en zone euro et d'une baisse des investissements.

La croissance n'a représenté que 1,4% au premier semestre sur un an (1,2% sur un an au 2e trimestre). Le gouvernement, qui vient de rabaisser sa prévision de croissance à 1,8% pour cette année, a reconnu que le pays, dont le PIB est estimé à 2.014 milliards de dollars (2012), était entré dans une période de «stagnation». Le président Vladimir Poutine a annoncé un programme d'investissements pour relancer la machine.

>>L’Inde

La troisième puissance d'Asie et dixième puissance mondiale traverse actuellement sa plus grave crise financière depuis 1991. Après une décennie de forte croissance, supérieure à 8%, ce grand pays émergent de plus de 1,2 milliard d'habitants subit un brutal coup d'arrêt. Son PIB (1.841 milliard de dollars) a augmenté de 5% sur l'année budgétaire 2012/13, son taux le plus faible depuis dix ans. Sur le premier trimestre de l'exercice en cours, la croissance a encore ralenti, à 4,4%.

Les autorités estiment que la lutte contre la pauvreté ne peut être réelle qu'avec une hausse de 10% du PIB. Depuis plusieurs semaines, la roupie ne cesse de dégringoler, perdant près d'un cinquième de sa valeur depuis janvier, malgré diverses mesures annoncées par la banque centrale et le gouvernement de Manmohan Singh.

La devise pâtit du départ des capitaux vers les Etats-Unis, mais paye aussi le prix de gros handicaps intérieurs: corruption endémique, perte de confiance des investisseurs, absence de réformes, déficit courant élevé (4,5% du PIB).

>>L’Afrique du Sud

Point d'ancrage des Brics dans le continent africain, l'Afrique du Sud est de loin le petit poucet de ce groupement informel. 41e exportateur mondial, le pays affiche un PIB bien plus modeste (384 milliards de dollars) que ses partenaires et une population bien moins élevée (50,6 millions d'habitants). Affectée notamment par la situation en Europe, son principal partenaire commercial, l'économie sud-africaine n'arrive pas à décoller.

La croissance qui avait chuté à 0,9% au premier trimestre 2013, a rebondi à 3% au deuxième trimestre, un répit qui s'annonce cependant de courte durée pour la première économie du continent africain. En juillet, le FMI avait sévèrement baissé ses prévisions, évoquant un modeste 2,0% cette année et 2,9% en 2014 (après 2,5% en 2012).