Pourquoi le chômage des jeunes baisse

Mathieu Bruckmüller

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Un bureau du Pôle emploi à Bordeaux.
Un bureau du Pôle emploi à Bordeaux. — SEBASTIEN ORTOLA/20 MINUTES

C’est a priori un paradoxe. Alors que le chômage n’en finit plus de progresser, il atteint 10,5% (+0,1 point) au deuxième trimestre en métropole, selon les chiffres de l’Insee publiés ce jeudi, du jamais vu depuis quinze ans, celui des 15-24 ans a dans le même temps baissé de 0,3 point à 24,6% après un premier repli de 0,6 point entre janvier et mars, soit une baisse de 4% au premier semestre, après un record à 25,5% fin 2012.

La jeunesse «grande priorité» de l’exécutif

«L’inversion de la courbe du chômage des jeunes est d’ores et déjà engagée», avance le ministère du Travail qui recueille ainsi les premiers fruits de sa politique de traitement social du chômage. Car cette année, l’exécutif qui a fait de la jeunesse «sa grande priorité», a décidé de mettre le paquet sur les emplois aidés. Il en prévoit 600.000, dont 440.000 dans le secteur non-marchand (collectivité locale, association, structure d’insertion…), soit 200.000 de plus qu’au cours des deux dernières années.

Les jeunes peuvent ainsi compter en partie sur les 490.000 contrats uniques d’insertion destinés à faciliter l’insertion professionnelle des personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles. A côté de ces contrats aidés classiques, le gouvernement Ayrault a créé de toutes pièces trois nouveaux dispositifs qui leur sont dédiés.

Palette de contrats aidés

Tout d’abord les emplois d’avenir, ces emplois-jeunes new-look réservés au 16-25 ans sans diplôme ou peu qualifié. En tout, 52.000 CDI ou CDD ont déjà été signés sur les 100.000 prévus d’ici à la fin de l’année. La palette a été étoffée avec les contrats de génération qui ouvrent pour les entreprises de moins de 300 salariés une aide de 4.000 euros par an pendant trois ans pour l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans en CDI en contrepartie du maintien dans l'emploi d'un senior d’au moins 57 ans ou de l'embauche d'un salarié de plus de 55 ans. Si aucun bilan n’a encore été communiqué encore, le ministre du Travail, Michel Sapin vise 500.000 contrats en cinq ans.

Un coût critiqué

Dernier outil: les emplois francs qui consistent en une aide de 5.000 euros, versée en deux fois, à une entreprise embauchant en CDI un jeune de moins de 30 ans résidant dans une zone urbaine sensible (ZUS), avec un objectif de 5.000 contrats d’ici à la fin décembre. Mais ce volontarisme à un coût. Subventionné au tiers du Smic dans le privé et au minimum à 75% dans le non-marchand, la facture en 2013 est supérieure à cinq milliards d’euros.

Malgré les critiques de la Cour des comptes sur l’efficacité par le passé des contrats aidés et de l’opposition sur le coût de ces dispositifs permettant une baisse artificielle du chômage, le député socialiste Jean-Patrick Gille, président de l'Union nationale des missions locales, chargées de l'insertion des jeunes, défend leur «nécessité en période très dégradée».

>> Les contrats aidés sont-ils efficaces?

Précision: Comme la plupart font des études, ce n’est pas le quart des 15-24 qui sont au chômage, mais les actifs de cette tranche. Dans les faits, c’est un jeune sur 10 de cette classe d’âge qui est au chômage.