A Lyon, les salariés d'un centre commercial sont en colère: «Nous devons manger dans les réserves, parmi les cartons»

avec AFP

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Des employés du centre commercial de La Part-Dieu à Lyon, l'un des plus grands centres commerciaux de centre-ville en Europe, ont décidé de débrayer samedi pour exiger notamment la mise à leur disposition d'une salle de restauration commune et de structures de garde d'enfants. Quelque 3.800 personnes sont employées dans les 270 enseignes de ce centre commercial de 126.000 m2.

Les salariés, soutenus par une intersyndicale CFDT, CGT, FO, Sud, réclament depuis plusieurs années que soient installée une crèche, un système de restauration collective, une salle de repos commune, ainsi que la gratuité du stationnement. Selon Marie-Hélène Thomet, déléguée CGT à la FNAC, «tout le quartier de la Part-Dieu est en zone payante et un abonnement dans un parking coûte 99 euros par mois, soit près d'1/10e du salaire des employés, souvent rémunérés au Smic, et dont certains comme à Carrefour commencent à 5h du matin ou finissent à 1h du matin et ne peuvent utiliser les transports en commun».

«Le minimum pour des conditions de travail décentes»

La syndicaliste déplore également que «rien ne soit prévu pour la garde des enfants du personnel», majoritairement féminin, «alors que des espaces de jeux et des garderies existent pour les enfants des clients». Elle souligne également l'absence de salles de pause, hormis dans quelques grandes enseignes, obligeant les salariés à «manger dans les réserves, parmi les cartons, ou dehors, quand il fait beau».

L'intersyndicale qui s'est déjà adressée à la direction du centre, propriété du groupe Unibail Rodamco, et aux autorités locales, regrette de n'avoir toujours reçu aucune réponse, alors que «ces revendications attendues et soutenues par les 3.800 salariés représentent le minimum pour des conditions de travail décentes».

«Il est surprenant que l'un des plus grands centres commerciaux d'Europe soit si peu soucieux de ces problèmes qui génèrent souvent un frein au bon fonctionnement de l'entreprise», assure l'intersyndicale dans un communiqué. Celle-ci estime que les travaux de rénovation du centre commercial, actuellement engagés pour un coût de 150 millions d'euros, sont l'occasion de répondre positivement à leurs demandes.