La Banque du Japon maintient inchangée sa politique

avec AFP

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Haruhiko Kuroda, gouverneur de la Banque du Japon, le 29 juillet 2013 à Tokyo
Haruhiko Kuroda, gouverneur de la Banque du Japon, le 29 juillet 2013 à Tokyo — Yoshikazu Tsuno AFP

La Banque du Japon a maintenu jeudi inchangée sa politique d'assouplissement monétaire et relevé son estimation sur la reprise japonaise, à l'issue d'une réunion de deux jours de son instance de direction.

Les neuf membres du comité de politique monétaire de l'institut d'émission (BoJ) ont voté à l'unanimité pour le maintien du rythme d'achat actuel de divers titres financiers, notamment des obligations d'Etat, afin de doubler la masse monétaire en deux ans.

Entamée en avril sous la pression du Premier ministre de droite Shinzo Abe, cette politique a pour but de sortir le Japon d'une déflation d'une quinzaine d'années qui dissuade les entreprises d'investir et incite les consommateurs à repousser leurs achats pour bénéficier plus tard de meilleurs tarifs.

«L'économie du Japon se reprend de façon modérée», a estimé la BoJ dans son communiqué de politique monétaire. Lors du texte diffusé à la fin de sa réunion précédente, le 8 août, elle avait jugé que l'économie nippone «commençait à se reprendre de façon modérée».

Pour le reste, la déclaration de l'institut gouverné par Haruhiko Kuroda constitue un copier-coller quasi intégral de son communiqué précédent. La BoJ a notamment conservé intact son objectif d'élever son stock d'obligations d'Etat de 50.000 milliards de yens par an (385 milliards d'euros), dans le but de parvenir à une inflation annuelle de 2% vers 2015.

Une telle hausse des prix sur fond de taux très bas doit inciter les entreprises et particuliers à emprunter pour investir et consommer, ce qui doit donner du tonus à la troisième puissance économique mondiale. En juillet, les prix à la consommation au Japon, hors produits périssables, ont grimpé de 0,7% sur un an, un rythme inédit depuis novembre 2008 qui constitue à première vue un bon signe pour la politique inflationniste des autorités nippones.

La BoJ s'est félicitée du fait que le niveau d'inflation attendu par les acteurs économiques augmentait, ce qui pourrait les pousser à investir davantage. Jusqu'à présent, l'essentiel de la hausse des prix est dû toutefois à l'augmentation des tarifs de l'électricité et de l'essence, provoquée par une dépréciation du yen qui élève la facture énergétique de l'archipel.

Des économistes mettent en garde contre les risques d'une inflation «importée» qui ne serait pas générée par un surcroît de demande intérieure. Or les consommateurs pourraient peiner à dépenser davantage si les salaires n'augmentaient pas dans ce contexte nouveau de hausse des prix.